La saga judiciaire d’André Lefebvre vient de prendre fin. Il doit se soumettre à une période de probation de trois ans avec suivi, assortie d’une série de conditions.
Alors que rien ne laissait présager une suggestion commune entre les juristes impliqués dans le dossier, Me Patrick Davis en défense et Me Claude Doire pour le Directeur des poursuites criminelles et pénales, c’est pourtant ce qui s’est produit le lundi 24 juillet au palais de justice de Valleyfield dans les onze dossiers auxquels devaient répondre André Lefebvre.
Le juge Bertrand St-Arnaud a pris plus de 45 minutes pour écouter la suggestion proposée par les avocats en guise de sentence. Selon la suggestion entérinée par le magistrat, André Lefebvre pourrait obtenir une absolution conditionnelle s’il respecte l’entièreté de ses conditions pendant les trois prochaines années. Ainsi, dans un premier temps, il lui est formellement interdit de communiquer de quelque façon que ce soit avec sept personnes, dont ses parents. Il lui est aussi interdit de posséder des armes.
«Selon le rapport présententiel, M. Lefebvre est apte au travail, indique Me Doire au tribunal. Il est donc entendu qu’il devra se soumettre à 60 heures de travail compensatoire. De plus, il devra verser un don de 250 $ à l’organisme OVPAC.»
Également, selon la sentence prononcée, l’homme de 55 ans ne peut plus œuvrer à quelque titre que ce soit au sein d’un organisme communautaire, il lui est interdit de solliciter de l’argent ou des biens, d’avoir recours à des prête-noms et de gérer des biens d’autrui autre que ceux de sa conjointe.
«M. Lefebvre doit aussi entreprendre un suivi psychologique à ses frais par un médecin reconnu et en faire la preuve à son agent de probation, soulignent les deux avocats dans le dossier. De plus, à deux occasions, il avait déposé une somme de 1000 $ pour retrouver sa liberté, mais comme il a enfreint ses conditions, cette somme est confisquée.»
Le juge St-Arnaud a tenu à faire une mise en garde à André Lefebvre avant le prononcé de la sentence. «La balle est dans votre camp, insiste le magistrat. Vous avez la plus longue période de probation prévue par le code criminel. Je vous souhaite de tout cœur que vous ne recommenciez pas, car aucun juge ne sera aussi clément la prochaine fois. Advenant que vous vous trouviez dans un lieu public en même temps qu’une de vos victimes, vous devez même quitter. Il ne me reste qu’à vous souhaiter bonne chance, M. Lefebvre.»
Notons finalement qu’André Lefebvre a reconnu sa culpabilité sur plusieurs accusations. Il est question d’avoir utilisé un faux livret bancaire alors qu’il savait que ce document n’était pas authentique, de menace de causer la mort ou des lésions, de bris d’engagement et de méfait.
Le rapport présententiel a aussi permis d’apprendre qu’il souffre d’un problème de santé mentale.

