Sarah Rennie (The Gleaner)
Traduit par Ian Ward
Une demande de démolition du bâtiment original du Gleaner, situé sur la rue Châteauguay à Huntingdon, est actuellement en cours d’examen auprès de la Ville. Un avis public concernant cette demande a été publié le 6 janvier par la municipalité, et les résidents ont dix jours, soit jusqu’au 16 janvier, pour s’opposer par écrit à la démolition.
Selon les archives du Gleaner, le bâtiment a été achevé et occupé en 1939. Il abritait à l’origine les bureaux principaux du journal, les machines linotypeurs, les presses d’imprimerie et d’autres équipements, et a depuis accueilli le CLSC de Huntingdon et Services Québec. Il est inoccupé depuis cinq ans.
« Nous sommes neutres dans cette affaire, car ce n’est pas notre propriété, a déclaré le maire de Huntingdon, André Brunette. Ce n’est pas la ville qui souhaite démolir le bâtiment. Mais nous sommes préoccupés. Nous devons consulter la population », a-t-il ajouté, soulignant que la ville avait lancé ce processus en publiant l’avis public.
Une réunion publique est également prévue le 20 janvier, à laquelle participeront les propriétaires fonciers et les promoteurs d’un nouveau projet immobilier qui devrait être construit derrière le bâtiment.
L’article 120 de la Loi sur le patrimoine culturel régit la démolition des bâtiments québécois ayant une importance culturelle ou patrimoniale qui ont été construits avant 1940. Cette affaire marque la première fois que le conseil municipal et l’administration devront appliquer ces nouvelles règles, y compris un règlement adopté l’année dernière par la ville qui définit des critères « stricts » pour la démolition des bâtiments.
Toutes les demandes de démolition seront désormais examinées par les membres du comité de démolition nouvellement formé de Huntingdon, qui est chargé d’évaluer les demandes et de rendre des décisions. La ville a également demandé au président de la Société historique de la vallée de la Châteauguay, Ken Dolphin, d’agir à titre de consultant spécial. M. Brunette a déclaré que les membres du comité seront présents à la réunion publique du 20 janvier.
Le nouveau règlement exige que le comité de démolition tienne compte de critères tels que l’état actuel du bâtiment, la détérioration de la qualité de vie dans le quartier, l’impact de la perte du bâtiment sur son environnement, le coût de la restauration, l’utilisation proposée du terrain et la préservation de la végétation existante. M. Brunette a déclaré que la valeur patrimoniale du bâtiment et son statut en vertu de la loi sur le patrimoine culturel sont d’autres éléments pris en considération par la ville.
« Le bâtiment est dangereux »
Fiona Beattie, associée et représentante des propriétaires, a déclaré que leur décision de démolir le bâtiment n’avait pas été prise à la légère. « Nous comprenons qu’il existe un attachement émotionnel à ce bâtiment, mais celui-ci présente de graves problèmes structurels », a-t-elle expliqué, soulignant qu’ils avaient colmaté les fissures dans les fondations et les infiltrations d’eau provenant des fuites dans le toit, qui avaient entraîné la prolifération et la propagation de moisissures. « Tout cela est documenté dans un rapport d’inspection. Le bâtiment n’est pas sûr », a-t-elle affirmé.
Mme Beattie a expliqué que malgré tous leurs efforts au cours des cinq dernières années, notamment de nombreuses visites pour voir la propriété, aucun acheteur ou locataire potentiel n’avait manifesté d’intérêt sérieux. Les propriétaires ont contacté plusieurs organisations locales, notamment le Centre de services scolaire de la Vallée-des-Tisserands, la Commission scolaire New Frontiers, le Centre médical de Huntingdon, le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest, ainsi que la ville de Huntingdon, mais sans succès.
« Il n’y a vraiment pas d’autre solution viable. Il serait plus coûteux de le réparer que de le reconstruire ou d’en faire autre chose », a-t-elle conclu.
Mme Beattie a confirmé qu’un projet de construction d’environ 40 maisons de ville sur le vaste terrain situé derrière le bâtiment sera mené à bien, que le bâtiment soit démoli ou non. Le futur projet a été conçu pour s’intégrer harmonieusement dans la ville, a-t-elle déclaré, précisant que « le projet portera le nom du bâtiment d’origine, afin de respecter sa mémoire ».
Mme Beattie a ajouté que le projet comprendra également la construction d’une « arche patrimoniale » qui préservera les caractéristiques historiques du bâtiment Gleaner, notamment les éléments architecturaux et les éléments de la façade du bâtiment, ainsi que les briques d’origine.
Tollé général
L’avis public publié par la ville a été largement diffusé sur les réseaux sociaux, et plusieurs personnes ont déjà publié des copies de lettres adressées à la municipalité pour soutenir la préservation du bâtiment. Beaucoup soulignent la valeur historique, culturelle et architecturale du bâtiment, suggérant que sa démolition entraînerait une perte irréversible d’identité pour la ville.
D’autres suggèrent de rénover le bâtiment pour en faire un lieu d’événements communautaires ou municipaux, un espace culturel ou récréatif, ce qui lui donnerait une nouvelle signification tout en préservant son patrimoine.
« Je pense que la procédure sera longue et nous sommes à l’écoute, car nous voulons faire les choses correctement », a déclaré M. Brunette, laissant entendre que la ville suivra de très près les règles municipales et provinciales.
Toute personne souhaitant s’opposer à la démolition doit soumettre par écrit ses motifs à la ville avant le 16 janvier. La réunion publique aura lieu à la mairie le mardi 20 janvier à 19 h.


Et voilà, le massacre continue….
Enfin, soyons optimiste, j’espère que LA bonne décision sera prise!
Je suis toujours impressionnée par la ferveur des Québécois pour les monuments historiques en France ! Que de voyages organisés pour aller les
admirer ! Mais, comme il se dit : « Nul n’est prophète en son pays »…