Locataire, Robert Hachez habite dans un triplex à Beauharnois depuis 2019. Atteint de la sclérose en plaques, il dépend d’un fauteuil roulant pour se mouvoir. Faute de modification à l’intérieur du bâtiment, M. Hachez cherche un logement adapté, puisqu’il se sent prisonnier chez-lui. Les options sont très limitées.
Dans le logement, l’embrasure des portes permet à peine l’accès à l’équipement, dont le lève-personne et le fauteuil roulant. Les pièces sont étroites. «Il faut que je tourne ou me déplace. L’espace n’est pas fait pour cela», dit-il. Pour sortir à l’extérieur, M. Hachez doit franchir un escalier, plutôt qu’une rampe d’accès.
M. Hachez habite avec sa mère, Lucie, qui agit comme proche aidante. Elle voit à l’hygiène de son fils au quotidien et lui rend de petits services, dont le branchement des équipements électroniques entourant son «poste de commandement». Le locataire bénéficie de consultations téléphoniques avec sa neurologue et de visites à domicile de son médecin.

À la recherche d’un logement depuis cinq ans
M. Hachez a entamé ses recherches pour se reloger il y a cinq ans. Natif de Beauharnois, l’homme de 47 ans entend bien y rester pour lui, mais également pour demeurer près de ses filles adolescentes.
Robert Hachez souhaite un logement adapté à ses besoins. Ce qu’il demande : «au minimum un plancher à niveau, une douche sans socle et une rampe d’accès pour aller dehors», énumère-t-il.
Si le quadragénaire déménageait dans un immeuble à logement, il penserait pouvoir profiter de services de santé à domicile. «Les spécialistes se déplacent dans les résidences de personnes âgées, mais pas pour une personne seule», explique-t-il.
«Manque criant de logements adaptés»
Robert Hachez se tourne vers diverses instances pour changer la situation. À la fin juillet, il a écrit au député de Beauharnois Claude Reid pour «solliciter [son] appui politique et financier pour un projet de construction de logements accessibles destinés aux personnes handicapées et à mobilité réduite» dans la région. M. Hachez parle «d’un manque criant de logements adaptés» et déplore dans la lettre que les promoteurs oublient les personnes handicapées ou à mobilité réduite lorsque vient le temps de développer leurs projets. Le député Claude Reid rencontrera M. Hachez, a-t-il confirmé au journal, pour définir ses besoins.
Robert Hachez contribue également au projet de développement d’un immeuble à logement pensé pour les personnes à mobilité réduite à voir le jour au coin de la rue Principale et la 22e Avenue à Beauharnois. «J’ai regardé les plans, on m’a demandé des conseils», souligne le diplômé en soudage-montage. Son ergothérapeute a échangé également avec le promoteur pour rendre l’immeuble accessible à tous, avec l’installation de douches à l’italienne, l’embrasure des portes élargie et des portes automatiques.
Le projet déroge au règlement de zonage de la Ville qui prévoit des immeubles de petite densité dans ce secteur. Des citoyens craignent une augmentation du nombre de véhicules dans le voisinage, selon le promoteur Jonathan Auger. Au total, 81 personnes du secteur ont signé un registre demandant la tenue d’un scrutin référendaire.
Robert Hachez garde espoir de voir s’élever l’immeuble à logements à Beauharnois. «Si ça ne marche pas sur la 22e Avenue, que la Ville et le promoteur s’entendent sur un autre terrain. Déplacer le projet au centre-ville, ça serait encore mieux», conclut-il.
Le Soleil a communiqué en vain avec l’Office municipal d’habitation de Beauharnois pour dresser un tableau des logements adaptés dans la région.
Québec rouvre les coffres du Programme d’adaptation de domicile (PAD) à l’intention des personnes handicapées, après sa suspension en avril 2025, rapporte La Presse. La Société d’habitation du Québec (SHQ) entend distribuer 1500 subventions par année. Le budget global demeure inconnu.


