Depuis ses débuts il y a 30 ans, Via l’Anse assure ses services de consultation et d’intervention à l’égard de la violence conjugale; une problématique pour laquelle l’organisme souhaite agir davantage en prévention chez une clientèle plus jeune.

« Depuis quelques années, on intervient davantage auprès des jeunes, on a développé un programme dans les écoles afin d’atteindre les 16-18 ans », mentionne le coordonnateur, Mario Trépanier, à qui un hommage spécial a été rendu lors d’un 5 à 7 marquant le 30e anniversaire de l’organisme, le jeudi 14 mai.

Depuis le démarrage du projet, 7 milieux scolaires ont reçu la formation et les outils pour agir à l’égard de la violence. Un intervenant est présent dans les écoles au moins une journée par semaine.

« Avec la montée des discours masculinistes radicaux qui circulent sur Internet, il y a encore du chemin à faire pour intervenir plus tôt auprès des jeunes », poursuit-il.

Des propos corroborés par Yvon Boucher, superviseur clinique au sein de Via l’Anse depuis 2006, à qui on a remis un Prix Gaston, en reconnaissance de son apport à la fois pertinent et humain auprès des intervenants de l’organisme.

Selon lui, le gouvernement doit absolument investir dans la prévention auprès des jeunes devant le discours masculiniste toxique qu’il qualifie d’inacceptable.

Superviseur clinique au sein de Via l’Anse, Yvon Boucher a reçu un Prix Gaston des mains de Mario Trépanier. (Photo Journal Saint-François – Mario Pitre)
Une expertise solide et reconnue

Ce 30e anniversaire permet de constater l’immense chemin parcouru par Via l’Anse dans la région depuis sa fondation en 1996, à l’initiative de la Maison pour hommes en difficulté de Valleyfield, devenue la Maison d’hébergement Dépannage de Valleyfield (M.H.D.V.)

Émile Duhamel a d’ailleurs expliqué l’origine du nom de Via l’Anse, parlant d’une anse comme «une petite baie peu profonde, un endroit très recherché par les bateaux à l’approche de la tempête… une invitation à jeter l’ancre afin de faire un arrêt dans le tourbillon de la violence».

Dès l’année suivante, l’organisme a adhéré à l’A.R.I.H.V. (devenue le réseau À coeur d’homme), et a ouvert des bureaux satellites à Vaudreuil-Dorion et plus tard, dans le Haut-Saint-Laurent, en plus d’être en lien avec le service de police du Roussillon.

Un certificat honorifique a été remis à l’organisme par Sylvain Leblanc, au nom du député Claude Reid. (Photo Journal Saint-François – Mario Pitre)

En 1999, l’organisme ouvre son bureau permanent au 340 boulevard du Havre à Valleyfield.

Son expertise a été reconnue à de nombreuses reprises, notamment par la participation du coordonnateur Mario Trépanier à diverses initiatives et à des plateformes médiatiques à titre d’expert.

L’organisme a également pris part à de nombreux travaux et initiatives de recherche sur la violence masculine et conjugale, en plus d’établir des collaborations avec de nombreux acteurs du milieu pour mieux encadrer les actions menées à l’égard de cette problématique sociétale.

L’organisme a même offert un stage à des intervenants à Abidjan, en Côte d’Ivoire, après quoi deux de ceux-ci ont suivi un stage d’une semaine à Valleyfield.