Après avoir essayé un simulateur de conduite avec les capacités affaiblies ou en textant, les étudiants du Collège ont convenu qu’il valait mieux être le plus alerte possible au volant.

«J’ai essayé d’éviter le cycliste, mais je suis quand même rentré dedans, a indiqué Xavier Jeanson. Avec les lunettes [qui reproduisent l’effet des capacités affaiblies], mon champ de vision était plus étroit et je ne voyais plus les écrans de côté. »

L’étudiant était d’abord à l’aise dans le simulateur qui avait toutes les allures d’un jeu d’arcade. Mais, sa balade dans le monde virtuelle a été influencée par trois bières en peu de temps. Assez pour lui faire dépasser la limite permise de 80 mg d’alcool par 100 ml de sang (0,08). «C’est difficile à décrire, a-t-il expliqué. Au début ça allait bien, mais plus ça allait et plus c’était difficile de répondre. »

Xavier a mentionné n’avoir jamais consommé de façon excessive et n’avoir jamais conduit après avoir absorbé de l’alcool. La loi de tolérance zéro pour les conducteurs de 21 ans ou moins a sûrement un impact positif. Mais un petit tour dans le simulateur éveille les consciences.

«J’ai eu beaucoup de visite de sensibilisation sur le sujet au secondaire, mais tant que tu ne l’as pas essayé, tu ne sais pas ce qui arrive dans la réalité, a convenu l’étudiant. Des fois, tu n’es pas conscient de ce qui se passe. »

Les conséquences de l’alcool au volant peuvent évidemment être graves. On parle de suspension de permis, casier judiciaire, décès, etc.

Le jeune homme a également essayé des lunettes qui lui donnaient l’impression d’avoir prêt de deux fois la limite d’alcool permise dans le sang. Il louvoyait dangereusement et a même failli perdre pied en tentant de récupérer une pièce de monnaie.

Distraction au bout des doigts

Alexandre Braure a quant à lui testé le simulateur de conduite en textant. Sur la distance de près de 2,5 km, ses yeux ont quitté la route, sans qu’il ne s’en aperçoive pleinement, à 36 % du temps.

«C’était intense un peu, a-t-il d’abord lâché. Des fois, tu ne sais pas si le conducteur en avant va freiner ou pas. Tu perds cette perception en quittant la route des yeux. »

Le simulateur de CAA-Québec a démontré que son contrôle, sa vitesse et sa distance avec les autres véhicules étaient grandement affectés par l’utilisation de son téléphone cellulaire.

«Lorsqu’on roule à 100 km/h, on voyage 28 mètres à la seconde, a dit le moniteur de CAA-Québec. Lorsque tu textais, tu quittais la route des yeux environ 3 secondes; c’est 84 m de distance. »

«Je ne me sentais vraiment pas en contrôle, a avoué Alexandre. Je conseille aux gens d’arrêter sur le bord de la route s’ils doivent utiliser leur téléphone. Je ne veux pas me faire rentrer dedans. »

L’activité de sensibilisation et d’éducation qui se déroulait avec le simulateur au Collège avait lieu à l’occasion de la Journée nationale du souvenir des victimes de la route. La Fondation CAA-Québec et le poste de la Sûreté du Québec de la MRC de Beauharnois-Salaberry étaient partenaires dans cet événement.

Du 1er janvier au 16 novembre 2016 au Québec

210 collisions mortelles

228 victimes

25 % (57) étaient âgés de 20 ans et moins

En moyenne ces trois dernières années au Québec

211 collisions mortelles

232 victimes

Ces chiffres concernent des accidents avec les conduites affaiblies par l’alcool ou les drogues, la vitesse excessive, les distractions (cellulaire, radio, manger, etc.) et le non port de la ceinture de sécurité