Véritable force de la nature, André Sauvé se pointe, beau temps mauvais temps au coin de la montée du Comté et d’Adrien Rouleau à Les Coteaux, jour après jour pour y jouer son rôle de brigadier scolaire, pour le plaisir des enfants, mais surtout, pour leur sécurité.

«C’est ma troisième année et je ne voudrais pas faire autre chose. J’étais pour remplacer une dame sur un mois, mais elle n’est pas revenue et j’ai décidé de rester. Pour sécuriser le parcours des enfants. Au début, une dame était déconcentrée au volant de sa voiture et j’ai poussé les fillettes qui traversaient et j’ai absorbé le choc de la voiture en brisant le miroir de sa voiture avec mon corps. J’ai décidé qu’il fallait que je sois actif», indique le retraité qui a vu son excellent travail être souligné à la fin de 2025.

Effectivement, André Sauvé a été nommé brigadier de l’année au Canada. «C’est une dame qui m’a inscrite sans que je le sache au concours Parachute et j’ai été élu le meilleur sur 860 brigadiers sélectionnés. On ne le fait pas pour ça, mais c’est un bel honneur. C’est spécial de sentir ça, cette reconnaissance», explique celui qui aidera les écoliers à traverser de manière sécuritaire tant que sa santé lui permettra.

Pas un hasard

Mais s’il a été reconnu comme un brigadier exceptionnel, ce n’est pas un hasard. André Sauvé exerce son travail, qui compte déjà un horaire particulier, avec beaucoup de passion. «J’amène des toutous de peluche, des gorilles, des Minions, des chiens. Les enfants aiment ça, mais les automobilistes aussi. Ils voient ça de loin et ils ralentissent à l’approche. Ils regardent et respectent la signalisation», plaide le septuagénaire qui ne se limite pas à décorer son coin de rue pour amuser la population.

«J’amène des bonbons, des chocolats, mais aussi des pommes à l’automne, des citrouilles à l’Halloween. À Noël, j’ai un parasol particulier qui permet d’accrocher une multitude de décorations. Ça fait rire. Mais aussi, quand il y a une belle neige collante, je me fabrique une trentaine de balles de neiges et je les attends. À leur arrivée, on fait une belle bataille et on rigole un bon coup», avance André Sauvé qui est respecté par les utilisateurs de son coin de rue.

«Ils me saluent, m’appellent Monsieur Sauvé, ils sont polis et bien élevés. Les automobilistes me saluent et aiment voir à quel point je suis aux petits oignons avec ces marcheurs», avance-t-il.

Garder la santé physique et mentale

À -20 en janvier et février, ou dans la canicule de la fin juin ou du début septembre, André Sauvé se pointe avec le sourire aux lèvres. «Ça me donnerait quoi d’attendre la mort assis dans mon fauteuil à la maison en regardant la télé. Ici, je vis de belles choses et je permets aux enfants de s’amuser et de marcher de manière sécuritaire à partir de la maison ou de l’école», ajoute celui qui a survécu à deux infarctus, une opération à cœur ouvert, à un premier cancer et qui doit maintenant affronter des traitements pour un second assaut de cette maladie. «Ils me gardent en santé et je les aiment», conclut André Sauvé en parlant de ses jeunes protégés.