Benoît Marleau a produit la première bobine d’acier galvanisé à l’usine ArcelorMittal située à Coteau-du-Lac en 1991. Trente-cinq ans plus tard, il était sur la dernière ligne de production active pour le moment.

«Ça donne un coup après 35 ans, a reconnu le président de l’unité de la section locale 2008 du syndicat des Métallos. J’étais à quelque temps de prendre ma retraite. Mais au-delà de mon cas, c’est 44 travailleurs qui vivent un drame. Des drames familiaux. Disons que ça donne une ambiance spéciale.»

Le 22 juin, deux dirigeants de Hamilton sont venus annoncer la suspension des activités de l’entreprise située à Coteau-du-Lac. Pour au moins six mois, le site sera en hibernation. Les activités seront concentrées aux usines de Hamilton et à celle de Windsor en Ontario.

Jamais en 35 ans des coupures de postes aussi nombreuses n’avaient eu lieu au Québec. «On était passé de quatre à trois équipes l’an passé, mais il n’y avait pas eu de mises à pied, poursuit M. Marleau. Il y avait eu des réorganisations d’horaire. Mais en mai, on est passé à deux équipes. On avait toujours passé au travers. Les tarifs douaniers et la conjoncture économique ont fini par faire mal.»

Les employés vivent désormais d’espoir.

La production a été arrêtée le 8 juillet et les activités seront mises en pause le 17 août. Un licenciement collectif suivra.

Benoît Marleau assure que les travailleurs ont toujours agi avec professionnalisme malgré tout.

«Les employés ont encaissé le choc à l’annonce, confirme le représentant syndical. Mais la production a quand même bien continué. Notre objectif est de redémarrer l’usine. »