Avouant candidement carburer aux défis et aux opportunités, l’athlète originaire de Les Coteaux, Ariane Chiasson a décidé de courir à pleine vitesse vers une nouvelle aventure en matière de sports, le bobsleigh.

La solide sportive a même réussi à faire sa place au sein de l’équipe nationale en l’espace de quelques semaines. «C’est vraiment inattendu comme expérience et ça ne fait pas longtemps que j’ai décidé de foncer vers le bobsleigh. En fait, j’avais décidé de prendre ma retraite des sports en raison des blessures, mais d’un autre côté je me suis dit que ce ne pouvait être terminé les sports de haut niveau. J’ai parlé à des entraîneurs et des contacts dans le domaine du sport et quelqu’un m’a parlé de bobsleigh», raconte l’ancienne joueuse de soccer, de football, de flag-football, qui s’adonne maintenant à l’haltérophilie.

«Mais le bobsleigh n’est pas tant connu au Québec. Il n’y a pas de piste. J’ai quand même réussi à parler à Kristen Bujnowski, d’Équipe Canada, qui réside à Lake Placid. C’est à deux heures de Montréal et elle m’a suggéré de venir essayer. Ça m’a donné une idée de ce que c’était et j’ai vraiment trippé», ajoute Ariane Chiasson, 26 ans.

Un vrai potentiel

L’athlète à la carrure phénoménale possède une force explosive et a impressionné Bujnowski. «C’est une ligne de pousse à Lake Placid, ce n’est pas une piste complète, mais elle a quand même vu le potentiel. Elle a donc insisté auprès des entraîneurs de l’équipe nationale pour me donner une chance», avance Ariane Chiasson.

Les camps d’entraînement étaient déjà amorcés, mais un entraîneur a quand même joint la jeune femme pour qu’elle puisse venir faire le camp de deux semaines à Calgary et de deux semaines supplémentaires à Whistler. «Je suis massothérapeute et j’ai une belle clientèle. J’ai appelé mes clients pour leur dire que je devais être absente pour un mois et je racontais la raison. Ils m’ont encouragé et je me suis dit ‘’Why Not’’, je me lance», relate-t-elle.

Or, elle a fait écarquiller des yeux dans l’Ouest canadien, ou l’on retrouve les seules pistes de ce sport au pays. Team Canada lui a donc trouvé une place sur la formation et elle fait partie de l’équipe développement du bob à deux. Elle sera absente plusieurs mois.

Un parcours exceptionnel

L’équipe sénior est composée des deux athlètes qui prendront part aux compétitions mondiales cette année et aux olympique de Milan-Cortina en Italie en février 2026. Celle dont fait partie Ariane Chiasson, la freineuse, est juste derrière et livrera des compétitions en territoire nord-américain. «Ce sera au Canada et aux États-Unis, dont la première à Whistler le 20 novembre. Je suis la seule parmi les recrues qui y participera. Je pensais être substitut, mais je vais faire partie des compétitons», dit celle qui a connu une montée éclair parmi l’équipe.

«C’est évidemment beaucoup d’apprentissage, c’est très différent de ce que j’ai déjà fait, mais j’aime ça», complète celle qui n’a pas froid aux yeux et qui avoue qu’il s’agit d’un sport extrême. «Il y a des pointes à 150 kilomètres à l’heure, c’est un sport de malade, c’est fou raide, mais je n’ai pas peur. J’ai eu un premier crash, mais je voulais remonter rapidement pour ne pas ressentir la crainte.» La seule protection, outre la courte carrosserie du bobsleigh est le casque et un survêtement. Il n’est pas rare de voir des athlètes recevoir des greffes de peau après des chutes et de longues glissades sur la glace.

La définition même de ne pas avoir froid aux yeux.