Les mouvements de défense des droits des aînés interpellent les divers partis politiques en vue des prochaines élections et réclament des actions concrètes face aux problèmes de logements qui affectent de nombreux aînés.

L’offensive médiatique menée par les AQDR de la Montérégie, de la Rive-Sud de Montréal, de l’Estrie et du Centre du Québec se traduit par quatre principales demandes.

D’une part, un gel des loyers durant une période suffisante pour freiner la spirale inflationniste et offrir un répit aux ménages locataires. On demande aussi la mise en place d’un registre obligatoire des loyers, afin d’assurer la transparence et de contrer efficacement les hausses de loyer abusives.

Les AQDR souhaitent de plus que l’on rende anonymes les dossiers au Tribunal administratif du logement (TAL) pour protéger les locataires de possibles représailles de la part des propriétaires.

Enfin, les représentants réclament la construction accélérée de logements sociaux et hors marché, en tenant compte des besoins des personnes aînées, notamment les plus vulnérables.

« On assiste à la construction de nouveaux logements, convient Michel Bissonnette, président du front commun des AQDR, mais le prix des loyers demeure inabordable et ne répond pas aux besoins de nombreux aînés… On note également des hausses de loyer abusives et plusieurs cas de rénoviction. »

Selon lui, depuis deux ans, le Tribunal administratif du logement (TAL) autorise des hausses de loyer supérieures à l’inflation alors que les revenus des aînés ne suivent pas la même tendance.

Le président de l’AQDR Rive-Sud de Montréal, Charles Lemieux, fait valoir que le manque d’accès à un logement décent fait en sorte que de plus en plus de personnes aînées doivent se tourner vers les banques alimentaires pour se nourrir ou encore se retrouvent à la rue en situation d’itinérance, ce qui est tout à fait inacceptable dans une société moderne.

Charles Lemieux, président de l’AQDR Rive-Sud de Montréal. (Photo capture d’écran)

Il cite des statistiques datant de 2021 selon lesquelles près de 6000 personnes âgées du secteur de la Rive-Sud de Montréal faisaient face à des besoins impérieux en logement et que ces chiffres risquent d’avoir augmenté depuis selon le contexte économique qui prévaut.

Pour le territoire de l’AQDR Valleyfield-Suroît, la porte-parole Nicole Cormier note que plus du tiers des aînés vivent en situation de précarité financière et doivent consacrer plus de 30% de leur revenu au loyer.

Nicole Cormier, secrétaire de l’AQDR Valleyfield-Suroît. (Phjoto capture d’écran)

Mme Cormier salue néanmoins la collaboration de la Ville de Salaberry-de-Valleyfield de même que la construction d’un immeuble du projet Unitaînés. Il demeure que 160 personnes demeurent inscrites sur la liste d’attente de l’Office municipal d’habitation (OMH) pour obtenir un logement abordable.

Lors de l’assemblée de conseil municipal du mardi 12 mai, l’AQDR locale est également intervenue pour demander que la Ville mette à jour sa politique MADA et que le conseil nomme un élu responsable du dossier des aînés.

Les représentantes Nicole Cormier et Lucie Racicot ont aussi signalé une problématique de stationnement et déplacement des aînés pour accéder aux Mardis en musique en période estivale. La mise en place d’un transport par navette a été suggéré et sera pris en considération par la Ville.