Nathalie Poirier est demeurée 8 heures dans l’avion, immobile sur le tarmac de l’aéroport de Fort Lauderdale. Un confinement afin d’éviter le climat de panique instauré par un tireur.
Le vol de Mme Poirier a même été retardé d’une heure. En temps normal, son avion atterrissait à 11 h 50; elle aurait ainsi pu se trouver sur les lieux du drame au moment où le tireur faisait feu.
«Aussitôt que les roues touchaient le sol, c’est arrivé, a indiqué la Campivallensienne rejointe en Floride. Ma voisine de siège a appelé sa mère qui était cachée derrière une poubelle pour se protéger des coups de feu. »
Mme Poirier a dès lors texté à son père qui allait la cueillir à l’aéroport avec son fils. Les deux étaient déjà dans le secteur du terminal 2 et ont été témoins de toute une scène. «Ils ont vu des gens ensanglantés et mon fils a vu le gars menotté, dit-elle. Il aurait pu faire partie des cinq [morts].»
Elle tient à saluer le travail des employés d’Air Canada qui, devant la situation, ont su calmé les voyageurs. Huit heures confinés dans un appareil stationné, ça joue sur les nerfs.
«Ils ont fait un travail formidable, assure-t-elle. Ils ont gardé un climat de calme et de confiance. Le pilote donnait de l’information au moment où il l’avait et tentait de rassurer tout le monde. »Une fois le confinement terminé, les gens ont tous pu quitter sans problème. L’aéroport était désert, protégé par des militaires bien visibles.
Celle qui n’en était pas à un premier transit par cet aéroport s’est dite surprise par les événements. «Je n’aurais jamais pensé ça, indique Nathalie Poirier. C’est un aéroport sécurisé où les visiteurs peuvent entrer. C’était l’enfer.»
