Les élues se font plus nombreuses au poste de conseillère municipale au terme des élections du 2 novembre dans les régions de Roussillon, Beauharnois-Salaberry, Vaudreuil-Soulanges et l’agglomération de Longueuil.
Les femmes composent plus de 50 % des élus à Saint-Clet, Sainte-Catherine (71 % pour chaque municipalité), Sainte-Martine, Saint-Anicet, Saint-Mathieu, Saint-Philippe (57 % partout), Varennes et Boucherville (55 % chacune).
Elles représentent de 33 % à 46 % des élues à Salaberry-de-Valleyfield, Saint-Constant, Saint-Lambert (33 % pour chacune d’entre elles), Mercier, Longueuil (43 % dans les deux), Sainte-Julie, Candiac, La Prairie (44 % dans chaque municipalité), Châteauguay (45 %) et Brossard (46 %).
Ces données reflètent le désir de répondants à un sondage sur la perception et la confiance de la population envers les élus municipaux de la Fédération québécoise des municipalités (FQM); sondage rendu public en février. Au total, 36 % des répondants considèrent les femmes pas suffisamment représentées et 70 % aimeraient en voir davantage en politique municipale.
Parité
Danielle Pilette, professeure associée du département de stratégie, responsabilité sociale et environnementale à l’Université du Québec à Montréal, y note des pourcentages élevés et parle de parité. «Dès qu’on atteint au-dessus de 40 %, on peut dire que l’on est dans la zone de parité. Ce n’est pas nécessaire d’arriver à 50 %», dit-elle. Si la parité est réelle au poste de conseiller, la situation est toute autre à la mairie, constate Mme Pilette. Une femme occupe ce siège dans 7 des 28 plus grandes villes de Roussillon, Beauharnois-Salaberry, Vaudreuil-Soulanges et l’agglomération de Longueuil. Il s’agit de Sainte-Martine, Saint-Anicet, Saint-Clet, Mercier, Brossard, Longueuil et Coteau-du-Lac.

Danielle Pilette attribue l’intérêt marqué des femmes pour la politique municipale à la proximité géographique; les élues n’étant pas obligées «de se transporter dans un Parlement éloigné». Cette proximité a un prix. «Vous n’êtes jamais tranquille, même au supermarché. Des commentaires dans les familles atteignent les enfants des élues», exprime-t-elle.
Deux points distinguent la conseillère en politique municipale. Elle a la facilité de travailler en équipe. En solo, la conseillère ne peut rien faire; les décisions municipales relevant de l’ensemble des élus. «Il faut avoir appris à travailler en équipe, faire des concessions, apprendre à négocier», indique la professeure. Prendre du recul constitue un atout. «Dans une année, il y a beaucoup de sujets qui seront traités. Si on n’a pas réussi à un endroit, on pourra réussir ailleurs», poursuit Danielle Pilette.
La conciliation travail-famille constitue de moins en moins un frein pour la politicienne. D’abord, les femmes œuvrant en politique sont mères d’un «nombre très limité d’enfants». Des outils à la disposition des élus rendent la «conciliation relativement facile». «Il est possible d’être présente aux séances du conseil municipal à distance», affirme Mme Pilette. La professeure ajoute que Montréal était précurseur de cette pratique, avant la pandémie de la COVID-19.


