Un comité de citoyens a été officiellement formé le 3 mars pour assurer la sauvegarde d’un espace vert connu depuis longtemps sous l’appellation du Petit bois vert.

L’endroit localisé dans le secteur de la Baie, en bordure du Parc régional de Beauharnois-Salaberry, est fréquenté depuis longtemps par plusieurs amateurs de plein air. Cependant, ils sont nombreux à constater l’amputation progressive de ces espaces verts depuis quelques années et demandent à la Ville de prendre des mesures pour en assurer la sauvegarde.

C’est pourquoi ils ont mis sur pied un comité formé de Luc Gauthier, Émilie Poirier, Claude de Repentigny, Tony Lavoie, Michael Souligny, Guy de Repentigny, David Ouellet et Luc Gagné. Une page Facebook mise en ligne regroupe plus de 260 membres.

Dans une lettre envoyée aux autorités municipales, le comité rappelle toutes les sections qui ont été enlevées au fil des années, comme le bassin de la CEZinc, le site utilitaire de la ville, le projet domiciliaire de la Baie près du Belvédère et, plus récemment, le développement de la rue Barrière à l’ouest de Beaulac.

Cette carte donne une idée du prolongement de la rue Beaulac préconisé par la Ville. (Photo Gracieuseté)

Le comité s’inquiète particulièrement après avoir constaté la mise en place de piquets d’évaluation du sol dans le boisé de la zone H-617 (section très boisée), où la Ville prévoit le prolongement de la rue Beaulac et le développement d’un projet domiciliaire.

Le conseil municipal a adopté un règlement d’emprunt de 2 M$ en octobre dernier, destiné au prolongement du boulevard Sainte-Marie, de même que de la rue Beaulac.

Le maire Miguel Lemieux a fait savoir qu’un nouveau secteur résidentiel était en voie de développement dans ce secteur. Celui-ci pourrait prendre l’allure d’un écoquartier.

« Cette autre amputation vient effacer le 1/3 des espaces boisés restants. De plus, vous constaterez que la zone récréative, propriété d’Hydro-Québec et gérée par la MRC, est composée à 60% de champs. Cette zone récréative seule n’est pas suffisante pour répondre aux besoins des citoyens en vue de pratiquer leurs activités et pour la faune en place déjà très hypothéquée par les projets domiciliaires », peut-on lire.

Notons que depuis plusieurs années, ce secteur est zoné en fonction d’un éventuel développement.

Un secteur prisé pour le plein air

Le comité mentionne que ce boisé est fortement fréquenté dans ce contexte de pandémie et s’est avéré être une soupape de bien-être pour des milliers de citoyens. « Ce boisé est le seul espace vert naturel digne de ce nom à quelques minutes des citoyens. De nombreuses activités y sont pratiquées telles que la marche, la raquette, le vélo, la glissade, le fatbike et le ski de fond. »

Déjà, dit-on, le prolongement de Beaulac et l’exploitation du boisé (H-617) met en péril la pratique des activités sportives et la faune (les chevreuils ont déjà diminué en nombre à la suite des récents projets et la couleuvre à taches brunes en voie d’extinction qui est protégée est présente sur ce site).

Parmi les demandes adressées à la Ville, le comité citoyen souhaite qu’on renonce à prolonger la rue Beaulac en optant plutôt pour le prolongement de Quevillon. « L’objectif sera tout aussi bien atteint, cette solution sera plus économique et la magnifique entrée de Beaulac sera préservée de même que cette partie importante du boisé. »

On demande aussi de ne pas faire de coupe dans le boisé de la zone H-617 et d’y mettre en place un plan de reboisement.

« Malgré les engagements actuels de la Ville dans ce dossier, nous savons que plusieurs solutions s’offrent à vous de même qu’au(x) promoteur(s) impliqué(s). »