Malgré un niveau de pauvreté qui se maintient dans la région de Salaberry-de-Valleyfield, il se gaspille une quantité très importante de pains chez Moisson Sud-Ouest.

Depuis plusieurs mois, un conteneur à déchets rempli de pains prend régulièrement le chemin de l’enfouissement parce que la banque alimentaire régionale ne peut distribuer les aliments avant qu’ils deviennent périmés.

«L’offre est plus grande que la demande et les organismes ne fournissent pas», explique la directrice générale de Moisson Sud-Ouest, Claire Raymond. «Nous sommes conscients du problème  et on travaille à trouver des solutions afin de réduire les pertes et éviter de jeter les pains. Nous sommes désolés», devait-elle ajouter tout en mentionnant que la banque alimentaire ne peut refuser les dons.

La directrice générale a rencontré trois nouveaux organismes au cours des dernières semaines et elle a logé plusieurs appels dans le but de redistribuer ces surplus alimentaires. «On va en donner au Sœurs Clarisses s’il le faut. On ne veut plus en jeter», insiste Mme Raymond.

Moisson Sud-Ouest compte sur cinq nouveaux fournisseurs depuis le printemps dernier et parmi ceux-ci, il y a la boulangerie Première Moisson. Certains pains de qualité supérieure ne trouvent pas preneur auprès de la clientèle desservie par les organismes sociaux. «Des gens n’en veulent pas», souligne la directrice générale.

Mme Raymond a précisé que les pertes alimentaires se chiffrent en moyenne à 3% dans les banques alimentaires du Québec. «Les fruits et les légumes, on doit s’en occuper rapidement», note-t-elle.

Le contexte actuel a amené Moisson Sud-Ouest à élaborer un projet de transformation alimentaire qui devrait se concrétiser en 2016. «Cette initiative va comprendre un volet congélation pour la récupération des viandes», de signaler Claire Raymond.

En ce qui a trait à certaines plaintes reçues par Le Journal à l’effet que des paniers Noël contiennent des produits périmés, Mme Raymond a spécifié que Moisson Sud-Ouest est chargé de la fourniture des denrées à 65 organismes de la région.

«On ne fait pas de paniers, on distribue les denrées aux organismes 52 semaines par année et tout à coup, des problèmes surgissent à l’approche des fêtes. Il serait étonnant que des produits périmés sortent de notre entrepôt. Nous avons d’ailleurs fait l’inventaire et un grand ménage l’an dernier», a assuré Mme Raymond.