Dans sa pièce À hauteur d’homme parue en 2017, Vincent Vallières chante «Je me gosse une vie à ma façon, avec une guitte pis un crayon». Sa guitte et son crayon demeurent ses outils de travail. Mais pour son récent album, Les saisons, les secondes, il a dû puiser son courage ailleurs. Pour aborder sa fenêtre sur le monde, ici et maintenant.

«Je suis un des chanceux, a-t-il indiqué lors d’un entretien sur la scène de la salle Albert-Dumouchel. Je vis le rêve de mon adolescence. J’ai découvert la musique et j’ai eu envie d’en faire. Et rapidement eu envie d’en écrire. Ça vient avec une sorte de responsabilité et d’exigence que j’aime beaucoup. Qui m’oblige à être curieux, à me remettre en question et à me redéfinir.»

Un discours qui explique la démarche de son dernier album, disponible depuis le 11 novembre.

Il est entré en contact avec l’autrice Dominique Fortier dont il apprécie l’œuvre. Au fil de leurs échanges, il a demandé si elle avait des chansons.

Elle lui a offert Dessine-moi, que Vallières chante avec sa fille. Puis il lui a proposé de relire ses textes. Ce qui a permis de faire de la co-écriture.

«En fin de compte, elle m’a donné du courage d’aller au bout de mes idées et de mes intentions, a confié l’auteur-compositeur-interprète. Elle a contribué à dessiner le cadre. »

Ce partenariat lui a permis de ne pas se répéter. Afin d’offrir sa fenêtre sur le monde, ici et maintenant.

Une langue belle

Ce n’est pas la première fois que Vincent Vallières approfondit son écriture avec une autre personne. Il avait écrit son disque précédent avec Martin Léon. Il a aussi participé aux ateliers de Gilles Vigneault.

Après plus de 25 ans de carrière, Vincent Vallières se dit à la croisée des chemins. «Pour moi, ça demeure un grand mystère notre rapport à notre langue, a-t-il dit. Elle nous interpelle sur notre histoire, notre territoire et de plein de façons différentes.»

Son nouveau disque est désormais dans l’univers. Les auditeurs se l’approprient. La réception est bonne, ce qui réjouit Vallières. Parce qu’il dit être allé loin à l’intérieur de lui pour dire ce qu’il ressentait.

«On ne sait jamais quand ça va s’arrêter, nuance-t-il. Ce qui nous attend à la sortie d’un projet ou en début de tournée. La part de mystère qui habite tout ça me fascine. Peut-être plus qu’avant.»

À la rencontre des cégépiens

Vincent Vallières était présent au Cégep de Valleyfield pour rencontrer les étudiants d’Hugo Boucher. L’enseignant du cours de littérature québécoise a inscrit son récit «Du bitume et du vent» comme lecture à son programme.
Une rencontre qualifiée d’hyper intéressante par l’auteur.

«Je me sens privilégié d’avoir cet accès-là avec eux [les étudiants], d’être là dans leur milieu de vie, a-t-il affirmé. C’est une chance de prendre le pouls. Il y a une vérité qui sort de ces rencontres-là qui est hyper intéressante.»

Son livre aborde les thèmes de l’occupation du territoire, du patrimoine bâti, de la langue et de sa rencontre avec ses amis des Premières Nations, dont ceux de Maliotenam.