Le ministère de la Sécurité publique et celui de la Cybersécurité et du Numérique travaillent à corriger la problématique. Des efforts qui doivent toutefois être conjugués avec la volonté des entreprises privées qui sont les fournisseurs des services de téléphonie et d’Internet.

Le ministère de la Sécurité publique a dit être au courant de la problématique des appels au 9-1-1 qui peuvent être dirigés vers un autre centre d’urgence.

La collaboration est déjà établie avec le Nouveau-Brunswick, l’Ontario et les États-Unis pour s’assurer du partage d’informations à propos de la desserte d’urgence et des centres partenaires. Le tout, afin de s’assurer d’un transfert efficace des appels.

«C’est une situation déplorable, mais des moyens alternatifs sont déployés pour éventuellement rediriger les appels au bon endroit, a répondu le ministère par courriel. Pour pallier les inconvénients, des ententes ou des procédures sont mises en place pour minimiser les impacts et ainsi réduire les délais d’intervention entre le centre d’urgence 9-1-1 du Québec, qui est responsable de prendre généralement les appels sur le territoire de cette municipalité, et celui de l’Ontario. Un appel par cellulaire a comme avantage de donner des renseignements sur la localisation de l’appelant au centre qui reçoit l’appel, réduisant ainsi le délai d’intervention potentiel des services d’urgence. »

Le ministère ajoute que l’encadrement légal des centres de communications d’urgence est sous sa responsabilité. Mais il ne dispose pas des compétences pour régler l’enjeu qui est de nature technologique.

Faible densité de population

La province a été cartographiée afin de déceler les zones mal desservies en matière de services cellulaires.

Stéphane Prévost-Dallaire, attaché d’administration à la direction de communications du ministère de la Cybersécurité et du Numérique (MCN), a observé des enjeux dans la région moins densément peuplée.

Dans le Haut-Saint-Laurent, le recensement réalisé en 2021 de Statistiques Canada avait noté 19 habitants par kilomètre carré; ce qui est loin derrière ses voisines de Beauharnois-Salaberry (145,8 résidents par kilomètre carré) ou des Jardins-de-Napierville (37,8 résidents par kilomètre carré).

«Les entreprises privées de cette industrie hésitent à y construire, avec leur propre financement, des sites cellulaires, a répondu le fonctionnaire. En effet, un site cellulaire construit dans un endroit à faible densité de population amène peu de nouveaux abonnés, donc peu de revenus additionnels. Ce genre d’endroit est donc davantage propice à des lacunes de couverture cellulaire.»

L’Opération couverture cellulaire a donc été lancée par le gouvernement du Québec en 2022 et vise la mise en place de projets de sites cellulaires subventionnés dans la province. Au total, 202 projets pour améliorer la couverture cellulaire.

Selon la carte interactive fournie, les sites les plus proches sont toutefois à Wentworth dans les Laurentides et à Milan, une petite ville des Cantons-de-l’Est.

Nouvelles technologies à l’étude

Les télécommunications au Canada sont juridictions fédérales. Du Conseil de la radiodiffusion et des télédiffusions canadiennes (CRTC) et du ministère de l’Innovation, des Sciences et du Développement économique du Canada.

Les fournisseurs de services doivent minimalement respecter à la réglementation en vigueur. À cet effet, le CRTC a tenu une consultation publique sur l’amélioration de la résilience des réseaux de télécommunication et de la fiabilité des services de télécommunication à la fin de la dernière année. Des modifications pourraient donc être proposées.

M. Prévost-Dallaire a toutefois ajouté que différentes technologies étaient à l’étude.

Des technologies satellitaires, déjà déployées par certains fournisseurs qui permettent de communiquer pour les situations d’urgence même hors réseaux traditionnels cellulaires.

Des technologies qui vont compléter les réseaux terrestres cellulaires afin d’offrir une meilleure couverture cellulaire pour tous.

«Le MCN est conscient de la situation actuelle et des besoins de certaines régions en couverture cellulaire, a ajouté M. Prévost-Dallaire. Toutes les options et les technologies disponibles sont à l’étude afin de permettre la poursuite des efforts en matière de couverture cellulaire en région au Québec.»

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