Une intervention sur une ligne du Collège a accidentellement déclenché l’alerte de confinement barricadé mercredi après-midi. Une situation qui a été gérée de plusieurs façons différentes dans les classes, ce qui a généré un certain stress dans l’établissement.

C’est vers 14 h 45, que l’intervention technique sur une ligne téléphonique, a déclenché le module d’intercom et l’alerte code rouge. À cinq reprises, ce terme a retenti dans le système de haut-parleurs. «Le professeur ne reconnaissait pas la signification de ce code, informe une étudiante qui préfère demeurée anonyme et qui a été informée par texto par une amie inquiète. Il n’a donc appliqué aucune procédure mise à part de barrer la porte. Une élève a pris l’initiative de fermer les lumières. Il n’y avait aucun livret pour expliquer les procédures à suivre et la signification des codes de couleur en cas d’urgence. »

Dans d’autres classes, des professeurs étaient absents pour la pause, ce qui laissait les élèves à eux-mêmes. Certains enseignants n’auraient pas pris l’alarme au sérieux et ont continué de dispenser leur cours au lieu de mettre en pratique les manœuvres.

Les étudiants circulaient aussi librement dans les corridors, puisque l’information du code rouge, même si l’alerte n’était pas fondée, ne s’était pas rendue à eux.

Le confinement aurait perduré quelques minutes avant que le message de fausse alerte ne soit diffusé.

«Plusieurs élèves et plusieurs parents en sont choqués, poursuit l’élève. Des plaintes ont été rapportées à la direction. » Pour elle, il s’agit d’une lacune majeure dans les procédures de sécurité. L’étudiante rappelle les tristes événements survenus au Collège Dawson ou à la Polytechnique. Pour elle, «la situation est fort inquiétante. »

Trois-quatre interventions

Le Collège enquêtait toujours pour connaître les raisons du déclenchement inopiné de l’alerte. Anne-Marie Lefebvre, directrice des affaires corporatives et des communications au Collège de Valleyfield a toutefois indiqué que la majorité des classes avaient respecté le protocole relié au code rouge. «Quelques étudiants nous ont dit que le confinement ne s’était pas déroulé comme prévu, a-t-elle dit. Mais la très grande majorité des classes a été confinée rapidement. On va faire un suivi dans les endroits où ça moins bien été. »

Mme Lefebvre ajoute que les règles à suivre lors du déclenchement des différents codes sont disponibles dans l’agenda, à l’intérieur d’une pochette qui se trouve dans tous les locaux et sur le portail.

En janvier 2017, un exercice généralisé, où une grande majorité du personnel a été formé, avait été conduit. Les services policiers, municipaux et des observateurs externes avaient participé à la manœuvre. Mme Lefebvre se questionnait sur le rappel d’un tel test. «Même si on procède avec 1000 personnes à l’intérieur du Collège, le succès à 100 % n’est pas assuré. C’est le propre d’un test en situation d’urgence. Ce n’est pas exclu qu’on le répète, affirme-t-elle. C’est exigeant comme test, mais à la lumière de l’incident il pourrait revenir dans la stratégie. » Elle a aussi rappelé que généralement, les élèves ont participé à un tel exercice au secondaire.

Il s’agissait de la toute première fois, même de façon accidentelle, que le code rouge était déclenché depuis l’instauration du système.

Quelques interventions, 3 ou 4 selon Mme Lefebvre, ont été rendus nécessaires auprès du service psychosocial ou du programme d’aide aux employés pour des personnes qui ont vécu plus intensément l’incident.