INDUSTRIES. L’ex-maire de Salaberry-de-Valleyfield, Martinus Mooijekind se dit attristé par la fermeture des installations campivallensiennes de l’entreprise AkzoNobel et la perte d’une cinquantaine d’emplois à l’usine située sur le boulevard des Érables dans le parc industriel et portuaire Perron.

Rejoint par le «Journal Saint-François», l’horticulteur qui cultive maintenant des pivoines à Saint-Stanislas-de-Kostka a exprimé sa vive déception à la suite de l’annonce faite par le géant mondial, considérant que le fabricant de produits chimiques connu à l’époque sous le nom d’Alby Chlorates s’est implanté à Salaberry-de-Valleyfield sous son règne dans les années ’80.

La production de chlorate de sodium a commencé en 1985 à l’usine, créant 32 emplois et nécessitant un investissement de 32 millions $, mais pas avant que l’administration municipale de l’époque multiplie les démarches pour attirer la compagnie suédoise dans le nouveau parc industriel.

Martinus Mooijekind avait établi les premiers contacts avec la firme «Swedish Match Holdings» et le commissaire industriel du temps, Daniel Dicaire, a pris le dossier en main de concert avec l’ex-patron de la Société du port, Doug Milton. L’ancien maire se souvient d’avoir négocié d’une entente avec le chargé de projet suédois Tore Nevender pour que l’entreprise contribue au financement d’un système de refroidissement des eaux.

Devenu horticulteur spécialisé dans la culture des pivoines, Martinus Mooijekind avait travaillé à attirer Alby Chlorates en sol campivallensien pour implanter son usine de chlorate de sodium. (Photo d’archives – Journal Saint-François)

Construite au coût de 6 millions $, cette infrastructure allait desservir non seulement l’usine d’Alby Chlorates mais d’autres entreprises comme le fabricant de café mexicain «MUSAC», qui avait acheté un terrain dans le parc industriel pendant le mandat de M. Mooijekind à la mairie de Salaberry-de-Valleyfield.

«J’avais fait visiter le site au chargé de projet de « Swedish Match Holdings » en espérant qu’il avance de l’argent pour le traitement des eaux. Je suis allé le reconduire à l’aéroport et dans l’avion sur le chemin du retour, M. Nevender avait consenti à fournir 35 000 $. J’avais mis ma tête sur le bûcher dans cette négociation», relate l’ex-maire.

Mooijekind estime que la vocation industrielle souhaitée dans les années ’80 pour les terrains du boulevard des Érables a été délaissée par les administrations municipales qui ont suivi. «Le parc industriel devait à prime abord accueillir des industries mais ce sont plutôt des entreprises de services qui se sont installées sur le boulevard des Érables dans les années subséquentes. Le côté industriel n’a jamais vraiment été développé», affirme-t-il.