De nombreux agriculteurs et citoyens résidant en milieu agricole s‘opposent à tout projet d’implantation d’éoliennes dans la région.
Cette opposition s’est manifestée lors de l’assemblée de consultation organisée par la MRC de Beauharnois-Salaberry le mercredi 29 avril à l’Hôtel Moco, visant à présenter le cadre réglementaire concernant l’énergie éolienne via son projet de règlement 334.
Bien qu’aucun projet d’éoliennes n’ait encore été déposé dans l’une ou l’autre des sept municipalités de la MRC, celle-ci se devait de présenter un cadre règlementaire afin de répondre aux Orientations gouvernementales en Aménagement du Territoire (OGAT).




Ce projet de règlement identifie les endroits sur le territoire où il est techniquement possible d’installer des éoliennes. « Déjà, une portion de 92% du territoire est exclus du règlement, a précisé le préfet et maire de Salaberry-de-Valleyfield, Miguel Lemieux. Celui-ci a aussi mentionné que « ce n’est pas parce qu’un projet est compatible avec le règlement qu’une Municipalité est obligée de l’accepter. Si le conseil municipal considère qu’il n’y a pas d’acceptabilité sociale, il peut le refuser. »
L’urbaniste Hélène Doyon a aussi indiqué que ce cadre règlementaire comportait des normes minimales, sujettes à un possiblement resserrement par une municipalité.
Méfiance et opposition
Malgré tout, un climat de méfiance et d’opposition était palpable au sein des quelque 250 personnes présentes dans la salle. Les échanges se sont tout de même déroulés rondement, bien orchestrés par l’animatrice Annie Fernandez.
L’ex-maire de Huntingdon, Stéphane Gendron, reconnu comme un farouche opposant aux éoliennes, a été parmi les premiers à s’exprimer en mettant en doute le pouvoir des municipalités face aux promoteurs.
Il a fait valoir le besoin de définir plus clairement le concept d’acceptabilité sociale et que l’acceptation d’un projet « n’appartient pas uniquement à sept personnes siégeant à un conseil municipal, dont certains ont été élus par acclamation. »
De nombreux autres citoyens ont aussi pris la parole, dont plusieurs agriculteurs de Saint-Louis-de-Gonzague, qui ont livré un vibrant plaidoyer en faveur de l’intégrité des terres agricoles. « Ou bien on décarbonise, ou bien on mange », a ainsi résumé Christian Brault.
Plusieurs interventions ont aussi porté sur des éléments du cadre règlementaire, notamment la distance de 700 mètres exigée pour séparer une éolienne d’une maison ou bâtiment agricole, que l’on souhaite plus importante.
Mêmes interrogations à l’égard du bruit généré par ces éoliennes, dont certaines surpassent en hauteur la Place Ville-Marie ou le Stade olympique, a fait remarquer Bernard Piché.
L’acceptabilité sociale, la protection des couverts forestiers, les responsabilités des promoteurs, la proximité du périmètre urbain ou l’impact de la présence d’éoliennes sur l’évaluation foncière sont aussi des éléments qui ont été soumis et qui devront être pris en compte dans l’élaboration du règlement final qui sera adopté par les maires de la MRC d’ici l’été.
Rappelons que le récent appel d’offres lancé par Hydro-Québec à l’échelle de la province pour des projets éoliens vise à combler les besoins énergétiques en croissance, en complémentarité à l’énergie hydroélectrique, plus chère à développer. Ces besoins pourraient doubler d’ici 2050.
Tout projet soumis par un promoteur dans Beauharnois-Salaberry devra répondre dans un premier temps au cadre réglementaire de la MRC puis à un second processus, plus serré, établi au niveau de chaque municipalité.


Je me demande pourquoi Hydro Québec n’utilise pas les terrains qu’elle possède le long de la voie maritime?
Est-ce trop près de résidents?
Bonne journée Mario,
Il faut bien préciser que dans cette MRC comme ailleurs au Québec, personne n’est contre les éoliennes, pas plus Stéphane Gendron que les autres. Mais plutôt : Les opposants sont contre l’implantation d’éoliennes en zone agricole (il n’y a que 2% de territoire agricole dans tout le Québec) et en zone habitée (c’est 10% du territoire québécois). Il reste donc 90% du territoire québécois où mettre des éoliennes, à commencer par les milieux déjà perturbés par l’humain, c’est-à-dire autour des réservoirs hydroélectriques, lesquels sont déjà reliés par des corridors de transport d’électricité. De plus, ce qui agace dans le modèle soumis par le gouvernement de la CAQ, c’est l’implication du privé qui en retire d’impressionnants profits qui vont dans leurs poches plutôt que d’aller dans nos hôpitaux, nos écoles et nos routes si on respectait les principes de la nationalisation de l’électricité adoptés dans les années 1960. Pour tout savoir, lire le numéro spécial de la revue L’Action nationale, intitulé « Repenser l’éolien », juin 2025.
Monsieur Beaudoin, les redevances que TES, va verser aux municipalités annuellement, vont permettre de s’affranchir d’une bonne partie des subventions gouvernementales. Dans Mekinac, grâce à l’entente entre le promoteur et la MRC, même les municipalités non impactées par le projet recevront une juste part de ces redevances.
M. Lerat, je ne suis pas certaine que les citoyens et les élus municipaux veulent que les éoliennes permettent aux municipalités de s’affranchir des subventions gouvernementales. Ils pensent plutôt que les redevances vont s’ajouter aux subventions et ainsi nous rendre plus riches pour réaliser plein de beaux projets!
À mon avis, le gouvernement, quel que soit le parti au pouvoir, va vouloir réduire les subventions aux municipalités qui génèrent des revenus autonomes comme les redevances. On aura ainsi un modèle de financement municipal à deux vitesses. Aucun parti politique n’ose s’avancer sur cette question. Les politiciens savent trop bien que cela va réduire l’appui aux projets éoliens.
Et imaginez les chicanes de clocher si un tel financement à deux vitesses était mis en place!