L’importation de succédanés du lait, la remise en question du système de gestion de l’offre, voilà deux dossiers qui interpellent sérieusement les producteurs de lait de la région en cette période électorale.

Le mardi 22 septembre, ils étaient environ 200 producteurs du Suroît réunis à la salle La Soie, de Valleyfield, à l’occasion d’une rencontre organisée par la Fédération. En présence des candidats des 4 principaux partis politiques, plusieurs ont fait connaître leurs craintes face au contexte qui prévaut actuellement et qui affecte sérieusement leur situation.   

Frédérik Amesse compte parmi ces producteurs de la relève qui doivent, d’une part, composer avec les importations de protéines laitières, utilisées dans la fabrication de fromages et de yaourts, et qui entrent au pays librement, profitant des failles dans la règlementation.

Ces produits utilisés par les grands transformateurs ont entraîné une baisse des prix du lait, 6 % à 8 % au cours de la dernière année, ce qui représente un manque à gagner de quelque 4000 $ par mois pour un producteur moyen.

Les producteurs de lait tiennent par ailleurs au maintien de la gestion de l’offre au pays, en marge du projet d’accord de partenariat transpacifique (PTP). Ce système leur garantit pourtant  une sécurité financière, mais assure également, selon eux, la qualité et la salubrité des produits offerts aux consommateurs.

Même si l’ouverture du marché entraînait une baisse du prix du lait, ce sont les transformateurs qui en tireraient profit au lieu des consommateurs, croit-on.

«C’est ni plus ni moins que l’avenir de nos producteurs qui est en jeu présentement, mais c’est aussi un choix de société auquel les consommateurs sont confrontés. Est-ce qu’on souhaite avoir des produits provenant de grosses usines laitières américaines ou des produits de Chine dont on ne connaît pas la qualité ?», demande le jeune producteur.

Mobilisation

Le producteur du rang Sainte-Marie dit percevoir une grande frustration dans le milieu et diverses actions sont organisées afin de faire connaître leur mécontentement.

Il a lui-même créé une page Facebook appelée Lait’quitable, sur laquelle plusieurs producteurs laitiers se mobilisent et partagent leur situation.

Une grande manifestation est également prévue jeudi à Montréal, en marge du débat télévisé des chefs, dans un contexte où les négociations se poursuivent entre la Fédération des producteurs de lait et les grands transformateurs tels Agropur, Saputo ou Kraft.