Pour l’enseignante Lynn Harper, la musique est plus qu’un mode d’expression artistique. Il s’agit d’un véhicule culturel qui marque son histoire et sa géographie. Une véritable passion pour celle qui enseigne à la Chateauguay Valley Regional High School (CVR) qui est candidate au prix de la meilleure enseignante de musique de l’année au gala des prix Juno.

«Je suis vraiment reconnaissante, a répondu l’enseignante dans son local de classe aux murs qui témoignent de son amour de la musique. Pas juste pour moi, mais pour la communauté scolaire. C’est très gratifiant.»

Mme Harper fait partie des cinq enseignants de musique au Canada dont la candidature a été retenue pour le prix qui sera remis au gala des Junos le 28 mars à Hamilton.

Une victoire permet au récipiendaire de mettre la main sur une statuette, un prix de 10 000$ et une bourse de MusiCounts pour le programme musical de l’école.

«J’étais au courant depuis le mois de décembre et j’ai dû garder le secret, a révélé l’enseignante. Les élèves l’ont appris parce que je l’ai écrit au tableau. Ils ont commencé à me poser des questions et étaient excités. Entre autres quand je leur ai dit que j’allais rencontrer The Weeknd; ils ne savaient pas qu’il était Canadien.»

Plus que des notes

Dans sa classe, Mme Harper se fait un devoir d’apprendre à ses élèves la musique qui fait le Canada et le Québec. «Elle a vraiment une qualité spéciale, soit celle d’être aussi diversifiée que le pays, reconnaît-elle. Il y a la musique des Maritimes, celle du Québec, ou de l’Ouest. Chacune d’elles à son identité.»

Bien qu’elle œuvre dans une école anglophone, elle juge important de partager la richesse de la musique québécoise, que ce soit avec des chansons à répondre ou du Félix Leclerc, un artiste que sa mère lui chantait.

«Quand la musique est mise en contexte, elle prend une autre dimension, a-t-elle poursuivi. Je m’amuse à partager le contexte culturel d’une chanson, que ce soit avec des notions historiques ou géographiques.»

Au-delà des cours

Mme Harper, artiste vocale professionnelle diplômée, a amorcé sa carrière de spécialiste musicale au primaire, en 1988 à Huntingdon, avant de se joindre au personnel du CVR en 2004.

Son approche d’enseignement favorise la créativité et l’autonomie des étudiants. Une vision appréciée par les jeunes qui ont la liberté de développer leurs aptitudes.

Outre ses différentes classes, l’enseignante participe à de nombreux groupes ou activités pour stimuler la création artistique dans la communauté scolaire.

«On essaie de donner le plus de chances aux enfants de livrer des performances, a -t-elle résumé. On leur donne le pouvoir de s’impliquer dans tous les aspects du spectacle. C’est leur show. Ils se développent beaucoup à travers ces prestations et en gardent d’excellents souvenirs.»

Tout pour la musique

Lorelei Muller, agente au développement communautaire au New Frontiers School Board, a été impliquée dans la mise en candidature de l’enseignante.

Celle-ci a reconnu le dévouement de Mme Harper, qui, au fil des ans, a réussi à obtenir trois subventions de MusiCounts pour doter son école d’instruments.

«Quand j’ai pris la classe en 2004, il n’y avait rien, a-t-elle confié. La fondation a tellement aidé. L’an dernier, j’ai remporté un prix de la Fondation Slate qui a permis de mettre la main sur 15 000$ pour l’école.»

Ce dernier prix est associé à la visite d’une artiste reconnue au CVR. Ginette Reno devait être de passage à Ormstown, mais la maladie l’a empêchée. «On a bien hâte qu’elle se remette sur pied pour venir nous voir, a laissé savoir l’enseignante. Les étudiants la connaissent parce qu’elle chantait l’hymne national au Canadien. Mais je leur ai montré des images, notamment quand elle a chanté avec Céline Dion, et ils ont été impressionnés.»