L’aspect financier ne semble pas être ce qui attire les gens à se lancer en politique municipale. De tous les maires rencontrés, tous tiennent le même discours. Les mots passion, implication et dévouement reviennent toujours à la surface.
Loin du traditionnel 9 h à 17 h, les maires de la région composent avec un horaire chargé et très peu de journées de congé. Denis Lapointe, maire de Salaberry-de-Valleyfield, explique qu’il a déjà comptabilisé ses heures de travail. On parle d’une moyenne de 71 heures par semaine sans compter les heures de discussions avec les citoyens rencontrés dans des endroits publics.
«Je suis un passionné, lance en entrée de jeu M. Lapointe. C’est pour cette raison que je fais de la politique. Il ne faut pas croire que l’aspect financier est à prendre en considération, car, lorsque j’étais consultant en environnement, avant de me présenter en politique, je gagnais plus d’argent que présentement et on parle d’il y a plus de 20 ans de cela.»
Parfois, les journées sont longues pour Denis Lapointe. Lors des semaines de conseil municipal, il mentionne qu’il peut arriver à son bureau dès 7h30 et repartir pour la maison à 22 h. «Une chance que mes enfants sont âgés, car cela serait délicat de maintenir un rythme aussi important. Parfois, ma conjointe trouve cela difficile, car ça nous laisse peu de temps pour être ensemble», raconte le premier magistrat de Salaberry-de-Valleyfield.
Questionné à savoir s’il croit que les élus municipaux sont payés à leur juste valeur, Denis Lapointe est catégorique. «C’est évident que non, dit-il. Je le répète, il ne faut pas faire de la politique en croyant faire de l’argent. On le fait par passion et pour s’engager dans la collectivité.»
Pas plus facile dans les petites municipalités
Il ne faudrait pas croire que la situation est plus facile dans les petites municipalités. À Rivière-Beaudette, le maire de l’endroit, Patrick Bousez, confirme qu’il travaille de 10 à 25 heures par semaine pour son poste de maire et qu’il reçoit un salaire de 19 092 $ toutes allocations incluses par année. Pour lui, faire bouger les choses dans sa municipalité vaut plus cher que tout.
«En 2016, nous avons majoré nos salaires de 1,5%. Certains citoyens ont de la difficulté à payer leur compte de taxes. Ce n’est pas vrai que nous allons nous voter une augmentation dans le contexte économique actuel», souligne M. Bousez.
