Valérie Dalphond Vaillancourt a été condamnée à neuf mois de détention et à rembourser un peu plus de 3000$ à l’organisme Pacte de rue qu’elle a fraudé pour près de 50 000$.
Entre le 9 septembre 2022 et le 10 février 2023, celle qui agissait comme adjointe administrative de l’organisme communautaire a notamment manipulé ses heures de travail à la hausse, s’est attribuée des remboursements de dépenses non autorisées et a payé des dépenses personnelles avec les cartes de crédit de Pacte de rue.
Les dépenses non autorisées s’élèvent à 26 424,70$, dont 21 340,66$ pour des dépenses personnelles. La preuve fait état de 307 transactions auprès de divers commerces comme Amazon, Doordash ou Herbalife.
S’ajoutent 21 virements à partir des comptes de l’organisme pour un montant qui se chiffre à 22 000,71$.
Le juge Bertrand St-Arnaud a tranché pour la suggestion du procureur de la Couronne, Me Maxime Durand Séguin, soit 9 mois d’emprisonnement. En défense, Me Jean-François Benoît avait proposé 10 mois avec sursis.
Deux ans de probation, et le remboursement de 3105,51$ à l’organisme ont aussi été ordonnés.
L’accusée ne pourra chercher accepter ou garder un emploi ou un poste de bénévole où elle exercerait un pouvoir sur les biens immeubles, l’argent ou les valeurs d’autrui pour une durée de cinq ans.
Conséquences
Pacte de rue dit avoir eu sa confiance trahie par l’accusée. «La fraude engendrée par Valérie Dalphond Vaillancourt a eu de lourdes conséquences pour notre organisme communautaire en travail de rue», a témoigné Steve Hickey, directeur général de l’organisme au moment des faits.
L’organisme a instauré un comité d’urgence pour stopper ce qui a été qualifié d’hémorragie.
Parmi les conséquences, Pacte de rue a dû changer ses serrures, les clefs et le code du système d’alarme. Les cartes de crédit des gestionnaires ont été annulées et les cartes de débit de la direction ont dû être changées.
Il a été estimé à 420 heures de travail du commis comptable pour régulariser la situation tandis que le directeur général en a mobilisé 400 pour rechercher les documents comptables.
Éventuellement, pour combler le poste d’adjointe administrative, des mesures de contrôles ont été élaborées.
L’assureur de l’organisme a couvert 45 419,41$.
Odieux
Dans sa décision, le juge Bertrand St-Arnaud a indiqué que la fraude était préméditée, planifiée et réfléchie. «L’accusée a consciemment choisi d’agir à répétition de façon criminelle à l’égard des biens de l’organisme communautaire victime, Pacte de rue, a-t-il écrit dans son jugement de 12 pages. On est ici bien loin d’un seul geste effectué sous le coup de l’émotion.»
La fraude a perduré durant cinq mois alors que l’accusée a abusé de la confiance de son employeur.
«Il s’agit ici d’une fraude particulièrement grave, le tout étant d’autant plus odieux que cela fut fait à l’égard d’un organisme communautaire qui vient en aide aux plus démunis», a inscrit le juge St-Arnaud.

Lors d’assemblée du comité d’administration de l’organisme, il va de soi que chaque membre reçoive un compte rendu de toutes les dépenses, comment est ce possible qu’aucune information ne soit distribuée a chaque membre lors des assemblées. Le tout s’est passé en 4 mois!!!! Entre 2 réunions du CA!!!!