Les affres de la guerre ont fait place à une vie rassurante dans un havre de paix pour une famille syrienne qui est venue s’établir à Saint-Polycarpe en octobre dernier.
Alfadel Motfi, sa femme Bushra et leurs trois enfants ont dû fuir les bombardements à l’automne 2014 alors que la ville d’Aleppo en Syrie a été la cible de frappes dirigées par l’Etat Islamique. Les membres de la famille musulmane ont été forcés de quitter leur maison située dans la deuxième agglomération en importance au pays et ils se sont réfugiés en Turquie.
Après une année complète de démarches auprès de l’immigration canadienne, Alfadel et ses semblables ont été récompensés pour leur patience. Une demande parrainée par son frère Mahdi Mofti auprès de l’Association Musulmane Turque de Montréal, connue dans l’Ouest de l’île sous le nom de «Dorval Mosque», a finalement été acceptée.
Dimanche, Le Journal Saint-François a rencontré Alfadel, Bushra, Nour Alhuda, leur fille de 13 ans, Mohammed, 10 ans, et Ghina, 6 ans, dans leur appartement de la rue de la Nouvelle-Longueuil à Saint-Polycarpe. Une entrevue rafraîchissante avec des gens qui ont retrouvé le sourire et qui apprécient grandement leur terre d’accueil.
«Nous sommes très heureux ici. C’est tellement calme. On peut se promener sans crainte et tout le monde est gentil avec nous», se réjouit le père de famille âgé dans la cinquantaine. Pour ces Syriens qui ont vécu l’enfer, c’est une chance inespérée de mener une vie normale.
«On s’est sauvés pour donner un avenir à nos enfants. C’était devenu insoutenable. On regardait par la fenêtre et on voyait les explosions. Un jour, deux bombes ont sauté à l’école de mon fils Mohammed. C’était terrible», raconte Alfadel.
Pour le nouveau résidant canadien, la religion musulmane n’a rien à voir avec la terreur provoquée par l’État Islamique en Syrie. «C’est comme la mafia. L’EI fait tout pour détruire et couper les vivres au peuple syrien. Nous avons été deux semaines à ne manger que de la soupe. Nous étions longtemps sans électricité et sans eau», relate M. Motfi. Sa famille et lui ont tout laissé derrière eux lorsqu’ils se sont exilés en Turquie, incluant leur maison. Les Syriens n’ont amené que trois ou quatre sacs remplis de vêtements.
Les Motfi ont élu résidence à Saint-Polycarpe en raison de la proximité de l’emploi occupé par Alfadel et ce, grâce aux contacts faits au préalable par son frère Mahdi, qui est arrivé à Montréal en 2005. Pendant qu’Alfadel travaille chez Deva Papers à Rivière-Beaudette, une entreprise de distribution de papier de première qualité, les enfants vont à l’école. L’aînée, Nour Alhuda, fréquente l’école secondaire Soulanges alors que Mohammed et Ghina vont à l’école élémentaire. Les enfants apprennent la langue française et son épouse, Bushra, s’apprête à faire de même. «J’aimerais enseigner les mathématiques comme je le faisais jadis en Syrie», espère-t-elle.
