Le dossier sur les accents parlés publié dans notre édition de la semaine dernière nous a posé un sérieux lapin, à savoir si les gens de Salaberry-de-Valleyfield avaient leur propre accent. De toute évidence, la réponse est non, sauf que…
Sauf que, si les Campivallensiens n’ont pas un accent particulier, ils ont assurément des expressions et des prononciations propres à eux. À commencer par le nom de leur propre ville, Salaberry-de-Valleyfield, qu’ils résument bien souvent à un simple «Valéfile». Dans un sens, on peut bien également sous-entendre «vallée-file», en raison de l’omniprésence de l’industrie textile dans son développement historique. Et de là, des expressions ou appellations, comme «la coton».
Salaberry-de-Valleyfield est aussi reconnue pour ses régates, un terme emprunté au mot français régate, qui désigne «une course de bateaux à voile», mais qui été bien adapté chez nous pour désigner des compétitions d’hydroplanes motorisés, voire d’un hydroplane comme tel. As-tu vu la belle régate ?
Le monde des régates a également donné naissance à certaines expressions, tel que «sauter le gun», aller dans les «pits», ou anciennement les «galettes». Dans la même veine, nos fameuses «grillades» de lard typiques de la région diffèrent de la simple tranche de viande à griller sur le feu.
Par ailleurs, comme dans plusieurs endroits du Québec, on peut aussi remarquer certaines expressions reliées à la géographie de la région, marquée notamment par la présence de nombreux cours d’eau. Jadis, la rivière Saint-Charles était surnommée «la rivière aux étrons», car on y déversait les eaux usées de la ville… Et quand j’étais jeune, on ne se rendait pas dans Grande-Ile, mais «dans l’île», alors que d’autres allaient s’amuser sur la «bande (sinon la banque) du canal» ou à la Pointe-aux-Anglais.
Certaines dénominations de quartiers ne sont également connues que par ceux et celles qui connaissent bien Salaberry-de-Valleyfield, que ce soit le quartier nord, le quartier ouest, le bassin, la pétoche. On ignore cependant toujours d’où provient originalement l’appellation de l’Ile-aux-Chats. On imagine mal une quantité phénoménale de chats à cet endroit quoique… c’est peut-être l’explication à la surpopulation de chats observée ces dernières années dans la ville.

