La gestion de l’offre et la relève en agriculture étaient au cœur des préoccupations manifestées par la députée de Salaberry-Suroît, Anne Minh-Thu Quach, et la députée de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, le lundi 9 avril.

Rencontrées à Saint-Zotique à l’entreprise Ferme Burnbrae, dans le cadre d’un point de presse, les députées ont expliqué que le gouvernement doit se faire plus strict en matière d’agriculture. Anne Minh-Thu Quach fait aussi savoir qu’un projet de loi pour l’achat local serait salutaire pour les producteurs locaux.

«Notre région est remplie d’agriculture, dit Mme Quach. Je veux faire la promotion de l’achat local. J’ai redéposé le projet de loi qui va dans ce sens. En 2014, les libéraux ont voté en sa faveur, mais les conservateurs l’avaient rejeté.  Comme le gouvernement a changé, nous espérons que le projet pourra passer.»

Dans le projet de loi proposé par la députée du Nouveau Parti Démocratique, il est question que les 48 000 cafétérias d’établissement fédérales au Canada proposent des aliments provenant de producteurs locaux.

«Il y a plusieurs pays qui le font déjà, laisse entendre Mme Quach. En France, 40 % de la nourriture des cafétérias publiques provient d’achats locaux. Au Canada, les agriculteurs ne l’ont pas facile. Dans les 10 dernières années, 8000 fermes ont cessé leurs activités. Il est important d’agir.»

Selon la députée de Berthier-Maskinongé, Ruth Ellen Brosseau, le président des États-Unis, Donald Trump veut détruire la gestion de l’offre canadienne

Outre l’achat local, Anne Minh-Thu Quach et Ruth Ellen Brosseau se sont dites préoccupées par la question de la relève agricole. «Un producteur qui vend sa ferme à un membre de sa famille est pénalisé, mentionne Mme Brosseau. Il paie alors plus cher en impôts que s’il vend son entreprise à un étranger. Ça n’a aucun sens.»

Ruth Ellen Brosseau indique qu’elle ne dispose pas de toutes les informations pouvant expliquer la règle calculée lorsqu’un producteur vend sa ferme. «Je ne suis pas économiste, dit-elle. Il y a eu un projet de loi privé déposé afin de débattre du sujet, mais le ministre des Finances s’est opposé et les députés de son parti l’on appuyé. Cela a eu pour effet que le projet ne s’est même pas rendu en comité pour une étude approfondie.»

Finalement, les députées du NPD se disent inquiètes de la façon d’agir du président des États-Unis, Donald Trump, en lien avec la gestion de l’offre en agriculture.

«Il veut avoir accès au marché immédiatement malgré que l’ALENA est en cours de négociation, mentionne Ruth Ellen Brosseau. D’ici 10 ans, il souhaite l’abolition de notre système de gestion de l’offre. Il aimerait que les agriculteurs américains puissent nous envoyer des produits laitiers, des produits de volaille, œufs, etc. Il voudrait avoir accès à notre marché et de ne pas avoir à payer de tarifs.»