Le conflit de travail opposant les 371 employés syndiqués de l’usine CEZinc à la direction de l’entreprise se poursuit, sans aucun rapprochement entre les deux parties, plus d’une semaine après le déclenchement de la grève générale par les membres du Syndicat des Métallos (FTQ).
La présidente et chef de la direction du Fonds de revenus Noranda, Eva Carissimi a indiqué au «Journal Saint-François» qu’elle s’attend à un retour éventuel à la table de négociations en présence d’un conciliateur pour tenter de dénouer l’impasse. Entre temps, la production a repris «à cadence réduite» dans les murs de l’affinerie de zinc avec la participation des cadres éligibles.
«Au début de la grève, nous avons mobilisé les cadres pour sécuriser l’usine et recommencer les opérations. Les premières journées ont été difficiles pour traverser les lignes de piquetage et nous avons obtenu une injonction pour permettre aux employés cadres d’entrer», de signifier la présidente, tout en reconnaissant que la compagnie a été forcée d’utiliser la voie aérienne pour faciliter le passage du personnel.
Selon l’injonction décrétée par le Tribunal administratif du travail, le nombre de piqueteurs a été limité à 7 aux 4 endroits où les grévistes peuvent manifester dans le périmètre de l’usine. Les piqueteurs ne doivent pas nuire à la circulation aux entrées de l’affinerie et demeurer à une certaine distance des employés cadres.
Quant aux enjeux du 4e conflit à éclater chez Zinc électrolytique Canada depuis 1964, la présidente affirme que l’entreprise doit continuer à réduire ses coûts d’exploitation pour demeurer compétitive au plan mondial et qu’une participation des salariés au régime de retraite, entre autres, est devenue incontournable.
«Notre main-d’œuvre représente 35% des coûts et une fois à tous les 3 ans, nous avons l’opportunité de négocier l’entente avec les salariés. Les employés syndiqués doivent faire leur part pour améliorer la performance de l’usine à moindre coût», de spécifier Mme Carissimi.
«Ailleurs, 85% des entreprises ont maintenant une régime contributif des salariés au plan de retraite. C’est assez rare aujourd’hui qu’une compagnie fournit 100% de la contribution financière. C’est un débat de société mais chez nous, on doit continuer à diminuer les coûts dans un contexte où le marché mondial du zinc subit les pires conditions depuis longtemps», élabore la présidente.
Mme Carissimi devait ajouter que la modernisation de l’affinerie a permis d’augmenter la production annuelle de zinc, de 264 000 à 267 000 tonnes, et que les fournisseurs de l’entreprise ont également accepté de contribuer à réduire les frais d’exploitation au cours des dernières années. «On doit poursuivre en ce sens», a conclu la présidente.
