Des étudiants du Cégep Gérald-Godin dans l’ouest de Montréal se sont montrés inquiets cette semaine en raison de l’abandon de la ligne d’autobus 91 par exo, qui sacrifie ce lien direct entre Vaudreuil-Dorion et l’établissement, pour des navettes plus fréquentes mais plus longue pour arriver à destination.
En fait, les étudiants de Vaudreuil-Soulanges devront passer plus de temps dans les moyens de transport pour accéder aux locaux de classe du boulevard Gouin, mais ils auront une plus grande flexibilité sur les heures de transport.
«Avant il y avait trois autobus le matin et trois le soir. Maintenant, ce sera aux 15 minutes pendant les heures de pointe et aux trente minutes pendant le reste de la journée. Il y aura des correspondances, oui, mais la flexibilité sera plus grande», juge Annie Lestage, coordonnatrice des affaires corporatives et secrétaire générale au Cégep. C’est elle qui pilote le dossier du transport actif et collectif de l’établissement scolaire.
L’arrivée du REM change tout
La dame est consciente du changement d’habitudes pour plusieurs étudiants et comprend une certaine frustration. Mais elle mentionne que c’était inévitable et qu’il y aura quand même une excellente prestation de services. «Il y a une refonte du réseau avec l’arrivée du REM et c’est une nouvelle que nous avons aussi eu à apprivoiser. Ce qu’il y a de bien c’est que la navette amènera les étudiants à l’Anse-à-l’Orme et une autre les mènera à proximité du cégep. En plus, les frais resteront les mêmes pour ceux qui n’utiliseront que les autobus», plaide Annie Lestage.
Du côté d’exo, on explique que comme opérateur, les refontes sont essentielles. «Nous nous sommes fait dicter un cadre financier et nous devions trouver les meilleures solutions pour tous. Cette fois-ci, il s’agissait de faire un rabattement vers le REM et de ne pas dupliquer un service. On veut optimiser. Un autobus partira de l’Anse-à-l’Orme en direction du cégep. Mais celui qui arrivait directement de Vaudreuil se rendra donc à l’Anse-à-l’Orme. Les passagers décideront alors s’ils vont au Cégep ou vers d’autres destinations, en autobus ou à bord du REM», tente d’expliquer Marco Cruz, directeur au développement et à la planification de la mobilité chez exo.
Des étudiants inquiets
Or, pour des étudiants qui avaient choisi d’étudier à Montréal en raison de la facilité d’utilisation du transport en commun, cette nouvelle n’est pas facile à digérer. «Ma fille est affectée. C’est la navette de Vaudreuil au cégep. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle nous avons choisi le Cégep Gérald-Godin. Il y avait un service de transport. Sinon, nous ne l’aurions pas choisi. En ce moment, c’est vraiment le bordel. On vit énormément de stress avec ça. Comme tu le sais, c’est la fin de session, donc les étudiants sont extrêmement stressés et fatigués. On vit dans l’incertitude», mentionne la mère d’une étudiante de première année.
Originaire de Vaudreuil-Dorion, elle entend faire bouger les choses. «On paie très cher pour un service qu’on n’a pas, ou qu’on n’aura plus. Je comprends qu’il y a des coupures à faire, mais qu’ils coupent ailleurs, pas dans les services pour nos jeunes qui sont en train d’étudier pour avoir un meilleur avenir. En ce moment, l’avenir et le quotidien de nos jeunes sont entre les mains d’exo, et ça, c’est inacceptable», ajoute celle qui a discuté avec sa conseillère municipale pour tenter un mouvement dans les plus hautes sphères.
«Un changement comme celui-là vient quand même ajouter beaucoup de difficulté. Ça affecte son bien-être, le nôtre aussi, et celui de bien des familles», dit-elle.
Des conseillères au front
Les conseillères municipales Jasmine Sharma (district 3 – Des Bâtisseurs) et Vanessa Leduc (district 7 – Desrochers) invitent d’ailleurs la population à s’informer et à se mobiliser autour du maintien de la ligne A40 express, un enjeu crucial de mobilité qui touche directement les citoyens de Vaudreuil-Dorion.
«Alors qu’exo se dit dans l’obligation d’abolir cette ligne d’autobus, nous dénonçons cette situation qui aura des conséquences importantes pour la population de Vaudreuil-Soulanges. Ce service constitue un lien essentiel pour de nombreux usagers, dont les étudiants qui doivent se déplacer quotidiennement vers les cégeps et universités situés à l’extérieur de la région», affirment-elles.
«Contrairement au REM, qui desservira principalement le centre-ville de Montréal, la A40 express répond à des besoins concrets de mobilité régionale et interrégionale. Dans ce contexte, nous estimons que cette abolition compromet directement l’accès à des services essentiels pour une partie de la population», ajoutent les deux élues très actives.
Elles invitent d’ailleurs les Vaudreuillois à leur Agora citoyenne qui aura lieu le mardi 5 mai, de 18 h 30 à 20 h, dans la salle du conseil au Pôle municipal. Un résumé des discussions sera produit à la suite de la rencontre et transmis aux instances concernées.
« On ne peut pas demander aux citoyens de s’adapter à des coupures de service sans solution de rechange réelle. La A40 express est essentielle pour nos jeunes et pour plusieurs travailleurs. Cette décision doit être revue», conclut Jasmine Sharma.
Sa collègue abonde. «Nous refusons que notre communauté subisse une décision prise sans tenir compte des réalités du terrain. Cette agora est un moment clé pour nous mobiliser et envoyer un message clair : ce service doit être maintenu», relance Vanessa Leduc.
Déjà plus tôt ce printemps, d’autres élus de la région avaient signifié leurs inquiétudes et attiré les commentaires de citoyens insatisfaits.

