Rien ne laissait présager que le frère d’un agriculteur allait respirer des vapeurs qui mettait sa vie en danger quand il est monté au sommet d’un silo contenant de la luzerne cultivée, le dimanche 4 septembre, à la ferme familiale du chemin Élie-Auclair à Saint-Polycarpe.

C’est qu’a affirmé au Journal Saint-François le responsable du dossier de la prévention à la Fédération de l’Union des producteurs agricoles (UPA) de la Montérégie, Claude Lapointe, en lien avec le décès tragique d’un homme de 74 ans, Henri André, survenu une semaine après inhalé des vapeurs de dioxyde d’azote émanant d’un silo à grains.

«Ce n’est jamais arrivé sur notre territoire. On cherche toujours à comprendre (ce qui a causé la mort du septuagénaire). On n’a jamais vu ça», a indiqué le producteur agricole qui occupe le poste de 2e vice-président au conseil d’administration de l’UPA de la Montérégie. M. Lapointe explique que dans ce cas, il aurait difficile de prévoir un tel dénouement car le silo avait été ventilé une heure auparavant et que la personne décédée avait pris place dans le panier à l’extérieur.

«C’est sûr qu’on ne monte pas dans le silo quand on sait qu’il pourrait avoir un risque. On ne se met pas la tête là-dedans. On sait aussi qu’il faut traiter le plus tôt possible si un tel problème survient, sauf que ces gaz sont inodores et pas faciles à détecter», de signifier M. Lapointe.

Dans un document produit par la Commission des normes et de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST), intitulé «Éliminez les dangers liés aux silos à grains», il est mentionné que «l’exposition à des poussières de grains peut engendrer divers problèmes de santé allant des dermatites aux maladies respiratoires, telles que la fièvre des grains et le poumon du fermier.»

«L’inhalation répétée de poussières de céréales, qui peuvent contenir des moisissures, peut entraîner une atteinte permanente des poumons et induire une insuffisance respiratoire chronique», prévient la CNESST qui recommande, lors de la manutention de grains, de porter un équipement de protection individuelle tel que gants, lunettes et masque certifié conforme à la norme NIOSH N-95.

Bien que ces recommandations ne soient pas reliées directement aux circonstances entourant la mort d’Henri André, l’UPA prévoit tenir des ateliers de prévention afin d’éviter d’autres drames de la sorte. «C’est certain que nous proposerons d’utiliser des détecteurs de gaz. Les silos sont plus gros qu’auparavant et il existe de nouvelles formes (de silo). Possiblement que les effets causés par les gaz sont différents. Des expertises seront faites et des personnes ressources s’adresseront aux producteurs», a assuré M. Lapointe.