De nombreux dirigeants de Vaudreuil-Soulanges sont préoccupés par l’abandon de Québec, de son PEQ et demandent un moratoire pour empêcher de voir ces employés de qualité, quitter la région au profit de l’Ontario, ou pire de les voir retourner dans leur pays.
Ils demandent aux deux paliers de gouvernement de voir à la question rapidement et ont lancé un cri du cœur lors d’une conférence tenue dans les bureaux de DEV Vaudreuil-Soulanges mercredi. «Notre modèle d’accompagnement fonctionne. Derrière chaque permis de travail, il y a des familles et des enfants qui se sont enracinés ici. L’intégration ne se fait pas du jour au lendemain. Elle repose sur des efforts soutenus et un engagement collectif. Vaudreuil-Soulanges a fait sa part. Nous demandons de pouvoir continuer ce travail avec respect pour les parcours déjà entamés», affirme Francine St-Denis directrice générale de Réseaux Vaudreuil-Soulanges. Elle en profite pour rappeler que la région s’est préparée de façon structurée à accueillir et intégrer les travailleurs étrangers grâce à des projets-pilotes financés par le gouvernement du Québec.
Des députées interpelées
Or, jusqu’à présent, malgré des invitations lancées à tous les députés de la grande région de Vaudreuil-Soulanges, seules deux ont répondu.
La députée de Vaudreuil et porte-parole de l’opposition officielle en matière d’affaires municipales, Marie-Claude Nichols, appuie le mouvement des cœurs bleus, lancé par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), afin de dénoncer la décision du gouvernement de la CAQ de mettre fin au Programme de l’expérience québécoise (PEQ).
L’élue, qui s’est levée à l’Assemblée nationale la semaine dernière afin de demander au ministre de l’Immigration, de la Francisation et de l’Intégration, Jean-François Roberge, de faire preuve d’humanité en accordant une clause de droits acquis aux personnes ayant tout quitté pour s’installer au Québec, a tenu à appuyer les mairesses et les maires du Québec.
«Dans nos municipalités, l’immigration est essentielle à la vitalité économique et sociale, autant en région que dans les grands centres. Je joins ma voix à celle des maires et mairesses pour réclamer plus d’humanité, de stabilité et de prévisibilité, notamment par l’instauration de droits acquis pour les personnes pénalisées par l’abolition du PEQ et de mesures transitoires pour les travailleurs étrangers temporaires déjà en poste», affirme-t-elle. Pour la députée, il s’agit d’une question de respect envers celles et ceux qui ont choisi de répondre à l’appel du Québec en quittant tout derrière eux.
De son côté, Claude DeBellefeuille, députée de Beauharnois-Salaberry-Soulanges-Huntingdon, tient à répondre aux demandes en matière d’immigration de DEV Vaudreuil-Soulanges.
«À titre de députée du Bloc Québécois, je partage les grandes préoccupations du DEV concernant le programme des travailleurs étrangers temporaires (PTET). Les entreprises ont besoin d’une flexibilité pour s’adapter aux nouvelles règles mises en place par le gouvernement fédéral. Ottawa a changé les règles du PTET sans consulter le gouvernement du Québec et les entreprises touchées. Pour plusieurs employeurs de chez nous, la décision de couper le ratio de travailleurs étrangers de 20 % à 10 % et d’augmenter le salaire horaire exigé à 34 $ n’est tout simplement pas réaliste. Le maintien de cette décision aura des impacts très néfastes pour les PME et des répercussions négatives sur le développement économique de notre territoire. Le Bloc Québécois demande une clause de droits acquis pour les travailleurs étrangers temporaires et le maintien du ratio de 20 % à l’extérieur de la région de Montréal et de Laval. «Il faut tenir compte des réalités des régions, et arrêter d’utiliser les régions métropolitaines de recensement qui pénalisent injustement certaines municipalités de la circonscription de Beauharnois-Salaberry-Soulanges-Huntingdon», conclut-elle.

