Du 1er avril 2016 au 4 février 2017, le Centre de santé et de services sociaux du Suroît a déboursé 3 593 279.48 $ pour du temps supplémentaire.

Les travailleurs du domaine de la santé sont régulièrement sollicités pour faire du temps supplémentaire. Les postes d’infirmières, d’infirmières auxiliaires, de préposés aux bénéficiaires, d’assistants en réadaptation, d’éducateurs et d’agentes administratives exigent plus de temps supplémentaire, selon des données obtenues par TC Média via la loi d’accès à l’information.

La direction du Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie Ouest (CISSSMO) explique que, selon les données du ministère de la Santé, l’établissement se situe au 14e rang de l’ensemble des 34 établissements du Québec au cumulatif de la période financière 10 pour l’année 2016-2017.

Certaines mesures ont été mises en place afin de réduire l’utilisation du temps supplémentaire. «À titre d’exemple, il y a eu l’harmonisation et rehaussement de certaines structures de poste, des mesures visant l’auto-remplacement, l’optimisation de la confection des horaires de travail, l’amélioration de procédures visant une meilleure gestion des absences ponctuelles et des refus de remplacement», informe Jade St-Jean, porte-parole du CISSSMO.

Partout dans les établissements du réseau, des travailleurs sont rattachés à une équipe dite volante. Ceux du CSSS du Suroît peuvent être affectés dans plusieurs points de service pendant la même semaine de travail. Ceci a pour effet qu’ils n’ont aucun sentiment d’appartenance. «Le nombre de postes est en réévaluation constante en lien avec les besoins de remplacement, dit Mme St-Jean. En complément, et dans un souci d’attractivité, nous avons aussi créé des postes supplémentaires dans plusieurs secteurs où le manque de personnel est le plus critique. Cependant, nous avons de la difficulté à pourvoir tous les postes, surtout en raison de la pénurie de main-d’œuvre à l’échelle provinciale pour certains titres d’emploi comme les préposés aux bénéficiaires et les assistants en réadaptation.»
Les travailleurs désignés sur l’équipe volante réussissent à obtenir un remplacement sur un poste régulier puisque les absences sont nombreuses au CISSSMO. On parle d’un taux d’absentéisme qui classe l’organisation au 18e rang de l’ensemble des établissements du Québec concernant le taux d’assurances salaire à la période 10 de l’année 2016-2017.

Le temps supplémentaire engendrerait donc de l’essoufflement professionnel chez le personnel. «En effet, le personnel doit effectuer du temps supplémentaire pour combler tous les besoins de l’organisation en contexte de pénurie de main-d’œuvre à l’échelle provinciale. Des actions sont mises en place par la gestion des activités de remplacement et par la direction des ressources humaines pour s’assurer de combler au maximum les besoins (…)  Cependant, nous avons mis en place un plan d’action en santé, sécurité et mieux-être au travail qui comprend plusieurs mesures concrètes pour améliorer la situation», explique Jade St-Jean.

Finalement, comme il est question de postes syndiqués, il arrive que des erreurs soient commises et que les travailleurs doivent déposer un grief puisque leur ancienneté n’a pas été respectée par la liste de rappel. L’année dernière le CISSS du Suroît a reçu environ 200 griefs de cette nature, selon Jade St-Jean.          

Heures supplémentaire par secteur (CISSSMO)

Centre montérigien de réadaptation : 1071,75 heures

CSSS Haut Saint-Laurent : 15 432,87 heures

CSSS Jardins-Roussillon : 93 676,97 heures

CSSS Vaudreuil-Soulanges : 29 1333,43 heures

Centre de réadaptation en déficience intellectuelle : 10 047,49 heures

Centre de réadaptation en dépendance Foster 892,08 heures

Virage : 645,76 heures

Services de Réadaptation du Sud-Ouest et du Renfort : 13 470,12 heures

CSSS Suroît : 88 955,11 heures