L’agricultrice Josée Lajeunesse compte parmi les 12 femmes qui livrent un témoignage hors du commun dans la mini-série documentaire Liées par le crime, diffusée sur Crave depuis le mercredi 22 avril.
Diffusé en quatre épisodes, la mini-série signée Productions Déferlante explore la vie de ces femmes qui ont côtoyé des membres du crime organisé, dans des milieux où le luxe se frotte souvent à la violence.
En entrevue à sa boutique du Domaine du paysan à Saint-Stanislas-de-Kostka, Josée Lajeunesse explique qu’elle a accepté de participer à ce projet dans l’esprit de redonner au suivant, comme elle le fait depuis plusieurs années à travers le projet Au cœur des familles agricoles, qui vient en aide aux agriculteurs aux prises avec des problèmes de santé mentale.
Elle apparaît dans l’Épisode 3 de la série intitulé Amour sous surveillance, dans lequel elle se livre sur sa vie passée, vécue en couple avec des criminels dangereux. Dans les deux cas, elle remercie le ciel d’avoir été en mesure de quitter ce milieu.
Dans une première union avec un membre d’un groupe de motards alors qu’elle était encore adolescente. Ce dernier avait quand même pris soin de la maintenir à l’écart de ses activités criminelles. « J’ai été chanceuse, dit-elle, il me disait que si je continuais, je ne pourrais plus en sortir. »
S’en est suivie plus tard, une seconde relation, cette fois avec le père de ses enfants, un criminel rencontré lors d’une rencontre des Alcooliques Anonymes, alors que les deux étaient en période de rétablissement.
« On menait une vie normale, mais par insécurité financière il a voulu faire un coup d’argent, une erreur de jugement. Il est ensuite devenu délateur pour la police, ce qui a permis de nous éloigner de ce milieu. »
Des « bad boys »
La mini-série vient également mettre en garde les jeunes filles quant à l’illusion d’une vie en rose avec un individu de type « bad boy », mâle alpha, très protecteur, voire manipulateur, mais qui peut ouvrir la porte à de nombreuses souffrances, qu’elles soient physiques ou psychologiques, note l’agricultrice.
« Au début, tout est tout nouveau, tout beau, mais au bout de quelques années, tu réalises dans quelle situation tu es prise. »
Celle-ci a d’ailleurs eu l’occasion de s’exprimer sur cette mini-série à l’émission Tout le monde en parle avec l’animateur Guy A. Lepage, un type «très sympathique, dit-elle. Il m’a rassurée dès le départ. »
Aujourd’hui, Josée Lajeunesse est à mille lieux de cette réalité et fait confiance à la vie. « La sagesse m’a pognée », constate-t-elle, esquissant un grand sourire d’apaisement.
Elle n’en déplore pas moins le fait que des jeunes, surtout des garçons, soient impliqués de plus en plus tôt au sein des groupes criminalisés.
Néanmoins, son entreprise agroalimentaire du Domaine du paysan lui offre l’opportunité de donner au suivant grâce au romarin qu’elle cultive et qui est devenu le symbole de la cause de la santé mentale chez les agriculteurs avec l’initiative Récoltons l’espoir.
Elle agit d’ailleurs à titre de sentinelle agricole pour les organismes en santé mentale Le Tournant, à Valleyfield, et La Maison sous les arbres, à Châteauguay.

