La salle de billard et les parties de bingo n’ont peut-être plus lieu à la Résidence Le St-Charles. Malgré tout, les retraités actifs à qui le Journal Saint-François a parlé ont meublé leur horaire avec tellement d’activités que le confinement, bien qu’anormal, passe plus rapidement.

«Quelqu’un qui veut s’ennuyer, c’est parce qu’il le veut, soutient Aline Leduc Massicotte. Depuis le confinement, j’ai tricoté cinq tuques, je fais des mots cachés sur ma tablette et je lis beaucoup. Il faut se changer les idées vous savez. »

Elle réside avec son conjoint Roland Massicotte. Ensemble, ils peuvent sortir dans la cour, prendre une marche et profiter des rayons du soleil quand ils daignent se pointer. Ils portent alors une étiquette pour les identifier comme couple.

Autrement, quand elle marche à l’extérieur avec ses amis, elle doit observer une distance de deux mètres. Des chaises ont aussi été installées à l’extérieur. Un gardien s’assure qu’une bonne distance les séparent. Mais les résidents peuvent parler à leurs voisins.

«La piscine me manque depuis un mois, assure-t-elle. Mais j’ai désormais quatre cours d’exercices à la télévision pour garder la forme. C’est important de se changer les idées. Je parle à mes soeurs qui vivent à l’extérieur et elles pleurent parce qu’elles trouvent ça difficile. »

Une amie venait lire le chapelet trois jours par semaine à sa demeure. Désormais, elles discutent par téléphone.

Elle dit se sentir en sécurité avec le personnel en place. «Ça fait cinq ans que je demeure ici avec mon mari et nous avons trouvé une deuxième famille», dit-elle.

Peinture et mots doux

Jean Gauthier

Jean Gauthier, l’avoue, ce n’est pas facile, facile. Celui qui aura 90 ans dans deux mois a hâte que la température soit plus clémente afin de lui permettre de prendre des marches dans la cour.

Malgré tout, son horaire est chargé. Chaque matin, il transmet un mot par courriel à sa conjointe qui réside à la Maison des aînés. Une fois il s’agissait de vers du poète Gaston Miron, mais le plus souvent ce sont des pensées qui lui sortent de la tête. Le message du 22 avril comprenait notamment cette phrase: «Seul le temps peut comprendre que l’amour est important dans la vie».

L’octogénaire a aussi ressorti son chevalet. Le peintre autodidacte prévoyait recommencer à s’amuser avec ses pinceaux. Ses enfants devaient lui faire parvenir des plants de tomates avec lesquels il espère récolter des fruits rouges cet été. La musique, la lecture et Netflix comblent ses autres moments libres. «Il faut se tenir occupé, mentionne-t-il. Je ne dirais pas que j’aime la situation actuelle, mais je me m’adapte. Dans ma tête, ça ne peut pas durer 50 ans encore. Je trouve donc plusieurs activités. »