Le juge Éric Hamel fera savoir le mardi 13 mars 2018 à 14 h, la sentence qu’il imposera à Robert de L’Étoile, coupable de tentative de meurtre sur son ancienne conjointe.

Les faits reprochés à l’homme de 61 ans qui a écopé d’une sentence de neuf ans de détention en novembre dernier en lien avec deux tentatives de meurtre à l’endroit de deux policiers de l’Outaouais, se sont déroulés le 17 août 2014 à la halte routière de Rivière-Beaudette. Muni d’un couteau, Robert de L’Étoile a bloqué la voiture de son ancienne amie de cœur avec son véhicule et il a agressé sauvagement sa victime.

Lors des représentations sur sentence qui se sont déroulées au palais de justice de Valleyfield le lundi 18 décembre, la victime est venue expliquer au juge Hamel toutes les conséquences qu’elle doit endurer quotidiennement depuis la tentative de meurtre. «Mais pour l’instant, je suis en vie, s’est exclamée la dame à plusieurs reprises pendant son allocution de plus de 30 minutes. J’ai beaucoup de séquelles. J’ai eu l’ablation de la rate. Pour le reste de ma vie, je suis à risque de mort puisque, sans cet organe, n’importe quelle infection peut m’être fatale. Parfois, je me sens mal de faire vivre mon quotidien à mes proches. Alors que je ne prenais aucun médicament avant l’agression, voilà que j’en prends plusieurs et que j’ai encore une opération à subir pour me faire reconstruire un genou.»

Assis calmement dans le box des accusés, Robert de L’Étoile est resté de glace pendant le témoignage de sa victime. La seule fois où il a laissé paraître ses émotions, c’est lorsque sa fille est venue à la barre pour soutenir la thèse de l’état dépressif pour expliquer les gestes de son père.

«C’est un père exceptionnel, dit la jeune dame en sanglot. Ce n’est tellement pas son style de faire cela. Il est toujours là pour aider les gens. J’ai même trouvé une lettre que mon père avait écrite dans laquelle il parle de se suicider.»

La défense, assurée par Me Pierre-Richard Deshommes, croit qu’une peine de sept ans, consécutive à la  peine déjà en cours est de mise. «Il faut prendre en compte que mon client purge actuellement une peine de neuf ans de prison, mentionne l’avocat en défense, qui a cherché des arguments à de nombreuses reprises pendant sa plaidoirie. Selon le rapport, Robert de L’Étoile n’est pas psychopathe et il représente un faible risque de récidive.  De plus, un autre rapport médical confirme qu’il a fait une tentative de suicide et qu’il était dépressif.»

Meurtrier chanceux

Les procureurs du Directeur des poursuites criminelles et pénales, Me Pierre-Olivier Gagnon et Me Marie-Audrei Joset tiennent un discours totalement à l’opposé de la défense. Me Gagnon utilise le sobriquet de «meurtrier chanceux» pour parler de Robert de L’Étoile. «C’est vraiment un meurtrier chanceux. Sa victime n’est pas décédée à la suite de ses blessures, martèle Me Gagnon. En 2014, un rapport disait que l’accusé avait un risque de récidive faible alors que peu de temps après, il a tenté de tuer deux policiers. En prenant en considération de tous les facteurs aggravants, le ministère public suggère une peine de détention de 15 ans à être purgée de façon consécutive à la peine que purge présentement Robert de L’Étoile.»

Les procureurs ont aussi insisté sur l’importance de protéger la population. «Je suggère aussi que l’article 743.6 du Code criminel soit appliqué afin que le meurtrier chanceux purge, avant d’être admissible à la libération conditionnelle totale, minimalement la moitié de la peine de 15 ans que nous proposons, ajoute avec conviction le procureur chef adjoint du district de Beauharnois. Il n’y a qu’un homme ici aujourd’hui qui a le pouvoir de dénoncer ce genre de geste qu’a commis Robert de L’Étoile et c’est vous M. le juge.»