ARTS VISUELS. Stéphan Lapierre, connu sous le sobriquet de «Job» dans le milieu des arts visuels, habite Salaberry-de-Valleyfield depuis à peine 11 mois. L’artiste natif de Matane a eu le coup de foudre pour la ville quand il est venu revoir un couple rencontré en voyage aux Bahamas et sa visite l’a convaincu de s’y établir avec sa petite famille.

«La vue ici me fait penser à mes toiles. J’ai l’impression d’être en vacances quelque part dans le monde», a exprimé le peintre autodidacte et contemporain lors d’une entrevue accordée au «Journal Saint-François.

D’ailleurs, sa résidence située dans le secteur de la Marina respire la création quand on franchit le seuil de la porte d’entrée. Des œuvres réalisées par l’artiste qui qualifie son travail de figuratif et intuitif jonchent les murs de chaque pièce. Des marches d’escalier à la bibliothèque et à la table de cuisine, qui devient son atelier de travail après le déjeuner, en passant par sa collection privée nanties de portraits de musiciens comme Michel Pagliaro et signées par une brochette d’artistes, la touche spéciale du personnage est omniprésente.

Diplômé en design intérieur au Cégep de Rivière-du-Loup, Stéphan Lapierre a entrepris sa carrière dans le domaine de l’ameublement. «Candide, doué d’une âme artiste et passionnée, mais pauvre comme job avec 8 dollars dans ses poches», décrit dans sa biographie celui qui, modestement, s’est mis à façonner de ses mains le bois et les métaux à son entreprise «Métozéboa» sur le Plateau Mont-Royal, de 1995 à 2013.

Les œuvres grand format de l’artiste originaire de Matane trouvent preneur depuis qu’il est passé du design de meuble aux arts visuels. (Photo: Pierre Langevin)

«Job» s’est démarque comme artisan désigner en fabriquant des meubles toujours plus modernistes. Dans ses heures perdues, il frôle le papier de sa plume en écrivant: «Salut papier, c’est encore moi. Pas pour chialer, pas pour brailler, juste pour te parler. Un genre de trip à trois entre le papier, le crayon et moi», a imagé l’homme âgé aujourd’hui de 47 ans.

En 2014, Stéphan Lapierre prend la toile comme moyen de création. Une première œuvre publiée sur Facebook trouve preneur sur le champ et c’est le début d’une nouvelle odyssée créative. «Pas de changement, pas d’agrément», lance «Job», affirmant ne pas être quelqu’un «qui a peur des choses qui n’existent pas.»

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Bon citoyen, «Job» offre quatre de ses toiles par année à des organismes communautaires pour générer des fonds. (Photo: Pierre Langevin)

L’artiste «underground» dit vouloir rester proche du peuple. Les quelque 400 toiles «grand format» qu’il a vendues depuis quatre ans ont valu chacune entre 500 $ et 600 $. «Job» pensait connaître des années modestes en changeant de créneau artistique mais le doute s’est amoindri, notamment quand 5 de ses œuvres ont été écoulées en deux jours.

Concernant sa ville d’adoption, Stéphan Lapierre considère qu’il a découvert une terre d’accueil idéale pour élever ses garçons âgés de 7 et 9 ans en compagnie de sa conjointe qui travaille à l’Hôpital du Suroît en ressources humaines. «Job» estime avoir trouvé un équilibre entre la vie familiale et professionnelle. «Auparavant, je pouvais faire 90 heures par semaine. Maintenant, je vais ‘’livrer’’ les enfants à l’école le matin et à leur retour, à 15 heures, je suis à eux», souligne-t-il.

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L’art découle des mains de Stéphan Lapierre qui a adopté la toile comme moyen de création en 2014. (Photo: Pierre Langevin)

Des toiles signées «Job» sont exposées au siège social de plusieurs entreprises locales et au 5e étage de l’hôpital. Ayant l’intention de joindre éventuellement des associations d’artistes locaux, Stéphan Lapierre fait déjà sa part pour la communauté en créant des toiles qui seront mises à l’encan par des organismes comme «Le Relais pour la vie».

«Mes sujets viennent de l’inspiration du matin. Les couleurs dépendent de la température. Un musicien écrit toujours de la musique et de mon côté, je crée des toiles. J’aime illustrer les dessins que j’ai goût de faire quand je me lève, dans le but de créer le sourire autour de moi», élabore le talentueux «Job».