Au Québec, on évalue que 85 000 jeunes vivraient avec un trouble développemental du langage (TDL). Lyne Pelchat, directrice générale du Regroupement TDL Québec, parle d’un handicap de communication invisible. Des histoires comme celle de Léane, elle en a entendu assez.

«Je veux appuyer toutes les Mme Nault du Québec, laisse entendre celle qui dirige le Regroupement depuis quatre ans. Dans le cas de Léane, on parle de la vie d’une jeune qui deviendra grande et qui contribuera à la société.»

Appuyé par des spécialistes et une firme de communication, le Regroupement TDL Québec veut rendre «sexy» son histoire pour la présenter aux secteurs privés et publics. Parce que trop de jeunes entrent à l’école sans avoir obtenu de diagnostic.

«Il faut agir tôt, insiste-t-elle. Il y a des programmes mis en place pour faire du dépistage, mais, des fois, les listes d’attente sont longues.»

Trouble neurodéveloppemental

Le TDL peut affecter la compréhension ou l’expression de la communication. «Il s’agit d’un trouble neurodéveloppemental qui était connu comme la dysphasie auparavant, laisse savoir Mme Pelchat. Je pourrais expliquer la situation comme s’exprimer avec des mots, mais ça ne sort pas comme dans sa tête. Ou la difficulté à comprendre les non-dits. Si bien que suivre le fil des consignes à l’école peut être difficile.»

Le temps n’est pas une notion tangible pour ces personnes, ce qui complique également l’organisation du travail en classe.

Sans compter qu’une personne qui vit avec un TDL peut aussi être affectée par une dysorthographie, une dyslexie, un trouble de déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) ou un défi de motricité fine.

«Le malheur, c’est que ça ne se guérit pas, ajoute la directrice générale. Et chaque sphère de la communication en est affectée.»

Besoin d’ouverture

Lyne Pelcat laisse savoir que des classes spécialisées accueillent ces enfants en Montérégie et qu’il en résulte de belles histoires. Elle ajoute également que des parents seront d’avis que ce n’est pas assez.

«On demande de l’ouverture des écoles et des centres de services scolaires, mentionne-t-elle. Quand tu peux faire autrement, tu peux changer le monde. Il faut outiller adéquatement les professeurs et présenter des plans d’intervention. Bien identifier le TDL avec ses réalités et ses défis.»