La Maison d’hébergement dépannage de Valleyfield (MHDV) a trouvé des alliés précieux dans sa mission auprès des personnes en situation d’itinérance. Un partenariat grandiose lui permet d’acquérir un nouveau bâtiment, au 22, Ellice, pour y loger sa halte permanente. Un endroit chaleureux et essentiel qui a accueilli 180 usagers différents le mois passé.

«On réalise des projets concrets pour la population vulnérable, a affirmé Émile Duhamel, président de la MHDV. On n’est pas juste dans les idées, on a pris les moyens concrets pour cette réalisation. Avec le partenariat de la société de Valleyfield, que ce soit le communautaire, la Ville ou les partenaires financiers et ça c’est précieux.»

L’itinérance, un phénomène qui «frappe en plein front» pour reprendre l’expression de M. Duhamel, a su mobiliser une force d’action pour permettre l’achat du 22, Ellice, une sixième propriété dans l’inventaire de la MHDV.

L’achat permettra une économie par rapport à la location du local précédent sur la rue du Marché.

La Fondation Baie-Saint-François (350 000$), la Ville (60 000$), la Caisse Desjardins de Salaberry-de-Valleyfield (50 000$) et le Club Rotary de Salaberry-de-Valleyfield (10 000$) font partie des principaux bailleurs de fonds dans le projet.

La halte permanente de la MHDV s’installe dans un nouvel endroit, sur la rue Ellice. Elle sera plus facilement accessible en plus de comprendre des commodités adaptées pour tous les usagers. (Photo Journal Saint-François : Eric Tremblay)

Meilleure accessibilité

La nouvelle halte, au rez-de-chaussée, facilitera l’accès aux personnes à mobilité réduite. Elle sera aussi dotée de salles de bain avec douche adaptée, d’une salle de lavage et divers équipements qui permettront aux usagers de se déposer et ainsi avoir un moment de quiétude à l’abri des intempéries de la météo.

On y retrouvera plus d’espaces de bureau, dont un pour une infirmerie.

«On dit halte permanente parce qu’on est ouvert à l’année; c’est important on est chanceux, a soutenu Marilou Carrier, directrice de la MHDV. Il y a peu de haltes ouvertes à l’année au Québec. L’hiver arrive rapidement, il fait froid. On est heureux d’être là.»

La force de l’écosystème

La force du projet réside dans les multiples partenariats.

Parce que l’itinérance présente l’enjeu le plus difficile à gérer pour les villes, comme l’a mentionné Miguel Lemieux.

«On se retrouve entre deux chaises entre le besoin d’empathie et celui de tolérance et la pression du sentiment de sécurité, a évoqué le maire de Salaberry-de-Valleyfield. Il faut toujours être en équilibre. Le fait qu’il existe un écosystème fort et solide empêche de pencher d’un bord ou de l’autre.»

Émile Duhamel a parlé de l’importance des partenariats dans le succès de la nouvelle halte. (Photo Journal Saint-François : Eric Tremblay)

Alors que le mois de décembre est marqué par une vague de froid, Louis-Philippe Boucher, spécialiste des activités cliniques au Centre intégré de santé et services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSSMO), a justement appelé la population à avoir une bûche supplémentaire dans le foyer de la tolérance.

«On y va dans les campements et c’est difficile de voir les gens dehors, a-t-il dit avec émotion. On les connaît ces personnes en situation vulnérable, elles ont toutes été au moins une fois rencontrées par le réseau.»

Les sections guichets des Caisses Desjardins de Salaberry-de-Valleyfield sont devenues avec le temps des «îlots réconfortants» pour les itinérants.

Ce qui a amené la coopérative financière à embaucher des agents de sécurité formés en sociocommunautaire. Une approche bienveillante, a tenu à rappeler Kathleen Favreau-O’Brien, directrice au soutien à la direction générale.

Trajectoire vers la réinsertion

Les différents partenaires communautaires assurent une présence régulière si bien que la halte est un point d’entrée vers les services pour une population vulnérable. Un complément aux autres services de la MHDV qui œuvre en réinsertion sociale.

Les efforts concertés des différents organismes ont justement permis de redonner une «identité» à 200 personnes l’an dernier. Des gens qui ont désormais une carte de la Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ), une porte d’entrée vers des services en santé ou sociaux.

La halte permanente

  • 180 personnes différentes pour le mois de novembre
  • 60-70 usagers visitent l’endroit lors des journées les plus achalandées
  • Les usagers peuvent combler certains besoins de base que ce soit en vêtements chauds, nourriture, produits d’hygiène ou obtenir des références vers les autres réseaux
  • La halte offre des lits temporaires
  • Un accès au téléphone, à Internet, à des jeux vidéo ou des jeux société est offert