La halte opérée par la Maison d’hébergement dépannage Valleyfield (MHDV) en a fait du chemin depuis l’époque de l’autobus chaleur. Désormais installée sur la rue Ellice, elle ouvrait ses portes le 8 mai. Un endroit où les personnes en situation d’itinérance ou vulnérables peuvent simplement se déposer l’instant d’un moment, ou bien entreprendre une démarche de réinsertion.

«C’est un projet porteur d’avenir. Ce lieu est plus que des murs, a exprimé la directrice Marilou Carrier. C’est un milieu de vie humain.»

La halte fait partie du paysage depuis quelques années. Elle a pris différentes formes, mais rapidement, elle s’est imposée comme un lieu chaleureux pour des personnes qui en avaient besoin.

«Il en faut des places pour dormir, a convenu Louis-Philippe Boucher, spécialiste en activité clinique – itinérance, au Centre intégré de santé et services sociaux de la Montérégie-Ouest. Mais le jour, quand il fait froid, c’est bien d’avoir une place. Les usagers peuvent rencontrer des gens, avoir accès à des services.»

Dahlia, coordonnatrice en réinsertion à la MHDV, a rappelé que le halte avait un haut seuil de tolérance. Les gens sont accueillis peu importe leur réalité, comme ils sont.

«Le plus dur, c’est de demander de l’aide. Mais comme tous les services sont ici à la halte, c’est plus facile.» – Dahlia, intervenante en réinsertion à la MHDV

La MHDV dispose de six établissements aux vocations différentes, mais la halte se veut un point d’ancrage dans le cheminement de ses utilisateurs.

«En réinsertion, après un passage en hébergement ou au Vestibule de Marguerite, on continue de les accompagner, a-t-elle dit. On veut que ces personnes viennent visiter la halte pour créer des liens et un continuum de services. Tous les services sont centralisés à la halte. Il y a moins de cassage de tête. »

Émile Duhamel, président du conseil d’administration de la MHDV abondait dans le même sens. Pour lui, que les gens acceptent de se rendre directement à la MHDH serait idéal. Mais tous leurs usagers ne sont pas prêts. «La halte est une porte d’entrée des services vers notre bouquet, a-t-il dit. Quand c’est une famille qui est mal pris, c’est tout un défi. Il n’y a rien de facile dans ce qu’on a comme suivi.»

L’union fait la force

Le déménagement de la halte répond à plusieurs besoins. Un majeur est celui de l’accessibilité alors que l’endroit précédent, rue du Marché, était situé à l’étage.

Le nouvel endroit comporte aussi des toilettes adaptées et une douche, un désir évoqué par les usagers.

Des locaux permettront aussi à des partenaires, comme la Clinique Repère ou l’Aiguillage, d’avoir un lieu adéquat pour offrir des consultations.

L’ajout d’une laveuse et d’une sécheuse et d’espaces pour entreposer une réserve de vêtements sont d’autres avantages.

Le déplacement dans un secteur moins commercial diminuera aussi les plaintes et enjeux exprimés par le passé.

À cet effet, le maire Miguel Lemieux espère que la nouvelle halte aura une influence positive sur le cheminement de ses usagers.

Du même souffle, il a dit espérer que, collectivement, les fonds pourront être trouvés pour que l’endroit soit ouvert 24/7.

Un endroit digne

Autre aspect digne de mention, le bâtiment a été refait à neuf. La MHDV est devenue propriétaire des lieux et a pris les moyens, avec ses partenaires, d’offrir un endroit digne à ses usagers.

«Il n’y a pas une journée que je ne me fais pas demander quand ça va ouvrir, a affirmé Chloé, coordonnatrice du volet urgence de la MHDV. Ils ont vraiment hâte. L’équipe est excitée parce qu’ils sont excités. Le nouveau, ça fait du bien.»