C’est vraiment en veillant jusqu’aux petites heures du matin qu’on peut prendre la pleine mesure de ce qui signifie vraiment le Relais pour la vie.

Bien sûr, il y a la foule du départ, le samedi vers 17 h. Rassemblés autour de la rotonde sous un chaud soleil de fin d’après-midi, aux encouragements des responsables et invités d’honneur, des centaines de gens sont au rendez-vous pour célébrer la mémoire de proches décédés du cancer ou encore la victoire des autres sur cette maladie qui emporte un Canadien sur trois.

L’exubérance du tour des survivants, sur le parcours du parc Delpha-Sauvé, où des personnes qui ont vaincu le cancer (ou le combattent toujours) défilent sous les applaudissements de la foule, démontre également toute l’unité de la communauté autour de ce combat de tous les jours contre la maladie.

Puis les heures passent, le soleil se couche sur le Saint-François, l’animation enchaîne à la rotonde partout autour au centre-ville et au vieux canal. Vers 22 h, un autre moment solennel, celui où l’on procède progressivement à l’illumination des milliers de luminaires disposés le long du parcours, au son d’Amazing Grace, interprété à la cornemuse.  

Et on marche, en solo, en duo, en trio, on prend une pause, on s’hydrate, on grignote. On remarque les trésors d’originalité déployés par les participants dans leur habillement ou à leur lieu de rassemblement, avec des photos, des montages et des éclairages particuliers.

À partir de minuit demeurent les irréductibles, ceux qui comptent se rendre jusqu’au lever du soleil. Tout en déambulant le long du parcours, je ressens le fond de l’air plus frais, mais aussi l’absence de vent qui donne l’effet d’un miroir sur la baie. Coup d’œil sur les luminaires alignés au fil du parcours, avec des noms de personnes qui ont affronté le cancer, victorieux ou défaits. Bouchard, Cardinal, Leduc, Tremblay, etc.

Des gens sont rassemblés devant un luminaire, on écoute au passage quelques bribes de conversation. «C’était mon frère… c’était ma mère…» Ce recueillement en silence, dans la pénombre de la nuit, agit comme une source d’hommage et d’espoir pour qu’un  jour on puisse parler du cancer comme d’une maladie circoncise, maîtrisée, vaincue. Merci à tous ceux et celles qui ont donné généreusement.