Accusé de conduite avec les facultés affaiblies ayant causé la mort de Josée Soulière en juillet 2014 à Franklin, Yves Bourdeau vient d’être reconnu coupable par la juge Marie-Chantal Doucet au palais de justice de Valleyfield. De plus, ses antécédents font en sorte qu’il pourrait être déclaré délinquant dangereux.
Même s’il a prétendu tout le long des procédures que c’est sa conjointe qui conduisait la motocyclette, le témoignage de Bourdeau n’a pas paru crédible aux yeux de la juge. Pour le tribunal, seul le facteur humain semble être la cause probable de l’accident qui a coûté la vie à Josée Soulière le 6 juillet 2014 sur la route 202 à Franklin. Pour imager ses propos, la juge Doucet a informé Yves Bourdeau qu’il avait changé de version lors de son témoignage.
«En interrogatoire, l’accusé explique de pas savoir ce qui s’est passé, mais lors du contre-interrogatoire, il donne des détails. Il semble avoir une mémoire sélective», estime la juge.
La magistrate a aussi mentionné qu’au moment du drame, l’accusé avait un taux d’alcoolémie de .117 mg d’alcool par 100 millilitres de sang et qu’il n’était pas détenteur d’un permis de conduire pour motocyclette malgré le fait qu’il en possédait une.
«Je ne peux passer sous silence vos huit condamnations en semblable matière dans les 20 dernières années. De plus, vous avez été arrêté sept fois alors que vous conduisiez malgré le fait que votre permis était révoqué», a souligné la juge à l’accusé, quelques instants avant de rendre sa décision.
Yves Bourdeau connaîtra sa sentence le mardi 5 juillet à 9h30. La couronne a demandé à ce que le chauffard soit soumis à une évaluation, puisque ses antécédents pourraient faire en sorte qu’il soit reconnu délinquant dangereux ou délinquant à contrôler.
La mère de la victime soulagée
Présente au tribunal, la mère de Josée Soulière s’est dite soulagée par la décision de la juge Marie-Chantal Doucet. «Cela ne nous ramènera pas Josée, mais je souhaite qu’Yves Bourdeau reçoive une sentence exemplaire, indique Nicole Primeau. Je n’ai jamais cru sa version. Je sais que ma fille n’aurait jamais conduit sa moto. Maintenant, nous devons tourner la page, mais c’est très difficile pour nous et pour les enfants de Josée.»
