Alain Caza a reçu une sentence de 14 ans de prison pour le meurtre d’Amanda Caza, le 15 mai 2024 à Ormstown. La juge Marianna Ferraro a accepté l’offre conjointe des parties alors que subsistait un doute sur les intentions de l’homme, désormais âgé de 62 ans lorsqu’il a poignardé sa fille.

Une expertise psychiatrique réalisée à l’Institut Louis-Philippe-Pinel, plus tard confirmée par une évaluation psychiatrique indépendante, a révélé que l’accusé vivait une dépression majeure avec anxiété en plus d’une amnésie dissociative au moment de poignarder sa fille à mort.

La sentence de 14 ans est accompagnée de différentes conditions, dont interdit de contact avec sa petite-fille et le père de celle-ci ainsi que l’interdiction de posséder des armes à feu.

En raison du temps passé en détention préventive, il reste 13 ans et deux mois à Alain Caza à purger en milieu carcéral.

«Ma fille m’a poignardé, je pense que je l’ai tuée, je me souviens de rien», avait-il d’ailleurs dit à la réceptionniste du 911.

Relation tendue

Visiblement, la relation entre le père et sa fille n’était pas la plus cordiale. Entre le mois de mars 2023 et de mai 2024, de nombreux messages textes, initiés par Amanda, démontraient une tension.

Les insultes, les demandes multiples pour des montants d’argent et des communications répétitives ont été mentionnées en salle de cour comme de l’abus verbal.

Le 15 mai, il s’est rendu au domicile de sa fille, rue Cairns, pour lui remettre ce qu’il espérait un dernier chèque.

L’échange s’est animé et, selon la version présentée, le tout aurait escaladé vers une confrontation physique. C’est Amanda qui aurait pris le couteau de cuisine.

Un épisode d’amnésie dissociative ne permet pas une description des faits précises, mais il appert qu’Amanda a été étranglée avant de se voir infliger neuf coups de couteau. Cependant, l’intention de donner la mort n’est pas confirmée.

Des remords

Avant que la juge ne rende sa sentence, Alain Caza s’est exprimé à l’audience.

«Je suis désolé pour ce qui est arrivé à Amanda, a-t-il dit. J’aime ma fille et j’ai du mal chaque jour. Tout ce que je ressens maintenant est de la culpabilité, des remords et des regrets. J’aimerais pouvoir retourner dans le temps pour que ça se termine différemment.»

Il s’est aussi dit désolé pour son fils, sa petite-fille et le père de cette dernière.

Famille brisée

Une déclaration au nom de la fille de la victime, lue à la cour, a permis de constater l’impact émotionnel du geste. «Ma jeunesse a été changée de façon irréversible, a indiqué la fillette de 10 ans. Je vais devoir vivre sans la présence de ma mère. »

Elle a parlé d’un geste égoïste de son grand-père qui a démoli la dynamique familiale.

Son père soutient que sa joie de vivre lui a été dérobée. Il a désormais la pleine responsabilité parentale de sa fille si bien qu’il doit se tenir fort pour toute la famille.

D’avoir une attention dirigée vers lui a aussi engendré une anxiété.

Ryan Caza, fils d’Alain et frère d’Amanda, ressent toujours l’impression de se trouver à genoux à pleurer la perte de sa famille entière.

Il sent sa vie détruite, souffre d’anxiété, de trouble post-traumatique, en plus de faire des cauchemars et de se sentir triste et seul.

Il a été incapable de conserver son emploi si bien qu’il vit dans une situation financière précaire.

Mais malgré tout, il a dit ressentir de l’amour pour son père.