Les événements climatiques extrêmes des dernières années font passer sous le radar ceux survenus au temps où les médias disposaient de moins d’outils technologiques. La tornade qui balayé la région le 16 août 1888, il y a maintenant plus de 130 ans, s’est avérée la plus meurtrière dans l’histoire du Québec.
Ce soir-là, une tornade de force 4 avait pris naissance dans l’est ontarien, dans le secteur de Glengarry, et avait parcouru une quarantaine de kilomètres dans la région, pour causer d’importants dégâts à Saint-Zotique, Salaberry-de-Valleyfield, Saint-Louis-de-Gonzague et Beauharnois.
Plusieurs journaux de l’époque avaient rapporté la tragédie, notamment The Gleaner de Huntingdon, le Journal de Québec, de même que le Journal des Campagnes.
Le Journal de Québec parlait « d’une des plus violentes tempêtes qu’on ait eues.
A Valleyfield la maison d’un habitant du nom de Sauvé a été démolie de fond en comble. Trois enfants ont été tués instantanément.»
L’article poursuivait « A Saint-Louis, une dizaine de maisons ont été complètement détruites et environ vingt-cinq personnes ont trouvé la mort dans le désastre. »
Le Journal des Campagnes, un hebdo publié dans la région de Québec, faisait état de « Trois enfants de Fabien Rouleau, âgés respectivement de 4, 6 et 7 ans, et couchés dans une mansarde, ont été enlevés dans leur lit avec le toit de la maison et transportés à une distance d’un arpent sans recevoir la moindre contusion. Les petits malheureux ont été trouvés dans un champ après une demi-heure de recherches. »
Le journal The Gleaner racontait le triste sort de la famille d’Egisippe Sauvé qui avait été presqu’entièrement décimée. La maison a été complètement détruite. « Les corps ont été retrouvés à des centaines de pieds. M. Sauvé a été trouvé avec un pieu de clôture traversant son cou. »


Les diverses informations rapportées font aussi le constat du décès d’André Montpetit, écrasé par l’effondrement de sa grange pendant qu’il trayait une vache. Il est décédé le lendemain matin; et de Mme Bissonnette (Josephte Lalonde), tuée lorsque sa maison s’est effondrée à Saint-Zotique.
Dans la seule paroisse de Saint-Zotique, 23 maisons avaient été détruites. De nombreuses granges, écuries et bâtiments de ferme complètement rasés. Aussi, des dégâts aux terrains de l’Association agricole de Beauharnois, à Saint-Louis-de-Gonzague.
Divers objets lourds avaient été projetés sur de grandes distances (dont un chariot transporté sur environ 1 mille). Les dommages estimés à l’époque étaient d’environ 250 000 $ soit plusieurs millions de dollars d’aujourd’hui.

