ARÉNAS. C’était devenu un secret de Polichinelle, le torchon brûle depuis trop longtemps entre la Ville et les Centres sportifs de Salaberry-de-Valleyfield.
Cette réalité a été étalée au grand jour vendredi en fin d’après-midi au second étage de l’hôtel de ville alors que le maire campivallensien Miguel Lemieux a littéralement déversé son fiel sur les membres du conseil d’administration de l’organisme sans but lucratif qui est propriétaire des aréna Salaberry, du Centre civique et de Saint-Timothée.
Prenant la parole au nom du conseil municipal, le premier magistrat a dénoncé les façons de faire des dirigeants des Centres sportifs et il lancé un ultimatum : à défaut d’une réponse positive à une proposition globale soumise vendredi, le conseil n’aura d’autre choix que «d’entamer sur le champ des démarches pour prendre possession des arénas, tel que prévu dans l’entente tripartite conclue entre la Ville, les Centres sportifs et Desjardins en 2011.»
Le plus récent litige repose sur ce que le maire a qualifié de situation inquiétante en lien avec le financement des travaux de réhabilitation en cours au Centre civique de la rue Marquette et à l’aréna de Saint-Timothée.
«Nous avons appris il y a quelques semaines que le c.a. des centres sportifs avait octroyé un contrat de près de 2 millions $ pour le remplacement des compresseurs aux deux arénas sans aucun financement pour payer les factures», affirme Miguel Lemieux. «Même si le conseil municipal a accepté de cautionner la somme nécessaire en décembre 2018, les centres sportifs n’ont jamais pu conclure d’entente de financement avec leur institution financière, laquelle leur a demandé de régler la question des taxes impayées qu’ils doivent à la Ville», déplore le maire.
«Ce fut pour nous la stupéfaction. Le contrat était non seulement donné, les travaux bien amorcés et les compresseurs étaient déjà désinstallés. C’était l’équivalent de nous mettre un fusil sur la tempe», de poursuivre M. Lemieux.
Le conseil municipal a réagi en soumettant à deux reprises une solution qui, de l’avis du maire, aurait permis aux Centres sportifs de s’extirper de cette impasse. La Ville serait devenue majoritaire au sein du conseil d’administration pendant une période d’un an, «le temps de trouver une solution pour le paiement des taxes et de remettre les finances de l’organisme en ordre».
Le maire devait ajouter que le point de non-retour a été franchi lorsque le trésorier des centres sportifs a lui-même transféré à un conseiller municipal une série d’échanges de courriels entre certains membres du conseil d’administration et l’entrepreneur inquiet du non-paiement de ses factures. Selon M. Lemieux, le président du c.a. des centres sportifs affirme dans un de ces courriels ce qui suit : «Vous devez savoir que peu importe vous serez payés en totalité soit par nous ou soit par la ville qui ne peut laisser les installations sans compresseur.»

«Pour le conseil municipal, cette affirmation a pour effet de prendre les contribuables en otage. Quand on prétend que la Ville n’aura pas le choix de payer, c’est aux contribuables qu’on fait référence. Ce sont leurs taxes qui y passeraient. Les contribuables ne sont pas un guichet automatique servant à sortir les Centres sportifs du pétrin dans lequel ils se sont eux-mêmes plongés», de trancher le maire.
Offre finale
Les élus municipaux n’attendent à rire et ils disent revenir à la charge avec une offre finale et non négociable. «D’un côté, le conseil accepte de mettre beaucoup d’eau dans son vin en consentant à étaler le paiement de l’arrérage des taxes municipales impayées des Centres sportifs, soit 680 000 $ au 31 décembre 2018, sur une période de 15 ans. Cette disposition exceptionnelle ne s’explique que par le caractère unique de la situation, alors que les activités de la prochaine saison des deux arénas concernés et la santé financière de l’entrepreneur chargé des travaux peuvent être mises en péril si rien n’est réglé à court terme», explicite le maire de Salaberry-de-Valleyfield.
La Ville exige que les Centres sportifs acceptent intégralement une série de conditions dont l’objectif consiste à empêcher que les contribuables ou un entrepreneur puissent à nouveau être pris en otages. Le conseil donne aux dirigeants de l’organisme jusqu’à mardi 17 h pour accepter son offre. Sinon, ce sera la tutelle.
Le maire reproche également aux Centres sportifs d’avoir refusé à quelques reprises d’embaucher un directeur général par intérim, Guy Brisebois. «Il était payé par la Ville et il a fallu attendre trois mois avant qu’ils acceptent de l’engager», a décrié Miguel Lemieux.
