Depuis le mois de mai, les services de garde éducatifs à l’enfance (SGEE) du Québec sont approvisionnés en masques par le ministère de la Famille. Celui-ci les a toutefois avisés, le 22 décembre, que lesdits masques étaient non conformes aux exigences de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité au travail (CNESST).
«Selon l’information transmise par la CNESST, un des trois critères d’analyse ne rencontrait pas entièrement les exigences», écrit-il.
Dans une lettre ouverte envoyée aux médias, la vice-présidente de l’Association des garderies non subventionnées en installation (AGNSI), Bianca Michetti, se dit inquiète de constater qu’il a fallu 7 mois avant de découvrir la défaillance des masques.
«Avons-nous mis à risque nos employés, mais surtout les familles qui nous font confiance avec leur enfant? questionne-t-elle. Est-ce que ce “détail omis” a contribué à l’éclosion de foyers de transmission et entraîné la fermeture de certains services de garde?»
Dans son avis, le ministère mentionne que les masques livrés entre les 14 et 16 décembre dans les bureaux coordonnateurs de la garde en milieu familial doivent être utilisés puisqu’ils «sont sécuritaires et rencontrent toutes les exigences de l’IRSST. Les bureaux coordonnateurs sont en charge d’assurer la distribution du matériel auprès de tous les services de garde éducatifs à l’enfance (SGEE) de leur territoire.»
«Soyez assurés que le ministère veillera à ce que tous les SGEE aient à leur disposition suffisamment de masques de procédure pour les prochains mois, et ce, dès la prochaine livraison (prévue à la mi-janvier 2021)», ajoute-t-on.
Mme Michetti affirme que des provisions de masques récupérés le 22 décembre par une des garderies membre de l’AGNSI contenaient toujours des masques non conformes.
«Il n’est pas normal que nous soyons à espérer que le ministère ne se trompe pas et nous protège de façon adéquate. Si le ministère n’y arrive pas, allons-nous être dédommagés pour les pertes que les fermetures engendrent? Tant d’insécurité est déconcertant. Nous sommes dans un moment fort de la 2e vague avec 2000 cas par jour et la protection de tous est primordiale. Quelles seront les répercussions de cette situation?» conclut-elle.
La CSQ et la FIPEQ-CSQ s’en mêlent
La Centrale des syndicats du Québec (CSQ) et la Fédération des intervenantes en petite enfance du Québec (FIPEQ-CSQ) ont fait parvenir un communiqué de presse, le 23 décembre, se disant préoccupées par la situation. Elles ont d’ailleurs rencontré le ministre de la Famille afin de «fixer les prochaines étapes qui permettront aux éducatrices de poursuivre leur travail avec des masques conformes et en toute sécurité le plus rapidement possible».
Elles ont ainsi convenu, avec le ministre de la Famille Mathieu Lacombe, que les employeurs qui n’ont pas reçu les masques du ministère devaient se procurer immédiatement de nouveaux masques dans les commerces habituels pour toutes les éducatrices.
