5 juillet 1991, À la mémoire de Daniel Brossoit… Cet hommage bien en vue sur l’hydroplane conduit par Samuel Tremblay accompagnera le neveu du regretté pilote tout au long de la saison en cours sur le circuit motonautique nord-américain.

Il s’est passé 25 ans depuis l’accident qui a coûté la vie au légendaire coureur  lors d’une épreuve de la classe Grand Prix aux 53e Régates de Valleyfield.  Encore aujourd’hui, le souvenir de Daniel Brossoit reste présent chez ses proches, dans les puits de ravitaillement sur les sites de compétition, parmi les fans de régates et au sein de la communauté où il a grandi.

Pour le père du disparu, Germain Brossoit, chef d’équipe du bateau de classe 2,5 litres, il ne faisait pas de doute que l’année 2016 allait être consacrée à l’anniversaire du départ de son fils. Samuel, le pilote, n’a pas connu son oncle mais il pense fréquemment à lui. Les photos, vidéos et autres commémorations de la carrière de Daniel Brossoit lui ont appris comment il était un pilote spécial, d’une denrée rare. «Je le sens avec moi dans le bateau. J’espère gagner cette année à Valleyfield et il est une source d’inspiration», affirme le jeune homme de 19 ans.

La mère de Samuel, Johanne Brossoit rappelle que le chiffre 5 associé à l’équipe est révélateur. Il s’agit du numéro du premier bateau que Daniel a piloté, avant d’avoir atteint la vingtaine, soit le «Pixie CS-5» de Russell Haworth. De plus, Claude Tremblay et Johanne sont les parents de 5 garçons. Le dernier-né, maintenant âgé de 17 ans, a hérité du prénom de Daniel en l’honneur de l’oncle qui nous a quittés trop hâtivement.

Période difficile

Dans une entrevue accordée au Journal Saint-François, Germain Brossoit a confié qu’il ne s’est jamais remis totalement de la mort de son fils. «Il n’y a pas une semaine qui passe sans que je pense à Daniel. C’était mon gars et je l’ai perdu beaucoup trop jeune. Il aurait 54 ans aujourd’hui», exprime le paternel, qui a sombré dans la dépression pendant plus de 5 ans à la suite de la tragédie.

Germain Brossoit a été l’un des premiers pilotes d’hydroplane de la région en 1967 et son fils est rapidement devenu son plus grand admirateur. «Daniel était comme moi. Il venait aux régates partout», relate l’ex-conducteur du «Timothée Spécial». Plus tard, de fut au tour du père d’assister aux exploits du fils. «Mon souvenir le plus cher est lorsque Daniel a gagné sa première finale Grand Prix en 1989 à Détroit», évoque l’octogénaire. Pilote recrue en GP, fiston avait coiffé Jimmy King dans le dernier droit aux commandes de «L’Exécutif» GP-11 de Michel Favreau.

M. Brossoit fournit une explication de la cause probable de la perte de contrôle qui s’est avérée fatale pour son fils lors du pire vendredi de l’histoire des Régates. «Je suis convaincu que l’électricité a coupé et le moteur a saisi à cause d’un problème d’alimentation en méthanol», affirme-t-il, tout en ajoutant que l’effet de l’hélice (pro wash) a provoqué un crochet vers la droite pour causer la collision avec le «Batten Performance» GP-151 de Jimmy King.

Johanne Brossoit, la sœur cadette de Daniel, trouve encore difficile la perte de son frère. «La douleur est toujours là. Daniel est constamment dans mes pensées. Nous parlons souvent de lui. Son souvenir reste présent», devait-elle confesser.