Victime d’un terrible accident de la route alors qu’elle était encore un fœtus de quelques mois dans le ventre de sa mère, Maryse Tremblay subit les contrecoups de l’événement depuis sa naissance sans pouvoir obtenir aucun dédommagement.

Le soir de Noël 1971, la voiture conduite par son père, Rolland Tremblay, 34 ans, était impliquée dans une collision sur l’ancienne route 3 à Maple Grove. M. Tremblay a été tué sur le coup, alors que ses trois filles et son épouse enceinte ont subi de graves blessures. L’autre automobiliste, qui conduisait sous l’effet de l’alcool, sans permis et sans assurance, s’en est tiré avec des blessures.

Maryse Tremblay a néanmoins vu le jour six mois plus tard, mais dès l’âge de 1 an, certains symptômes comme des difficultés d’équilibre et de coordination motrice ont commencé à se manifester. L’impact de la collision avait sérieusement endommagé son cervelet, ce qui s’est finalement traduit par un diagnostic de paralysie cérébrale, à l’âge de 26 ans.

«Pendant tout ce temps, même si j’avais toutes mes facultés intellectuelles, j’ai été victime d’intimidation à l’école, car les autres élèves ne voyaient en moi qu’une personne handicapée», raconte-t-elle avec émotion.

Aujourd’hui âgée de 44 ans, Mme Tremblay témoigne de ces symptômes de la paralysie cérébrale et incidemment, de sévères contraintes à l’emploi qui la réduisent à un état financier précaire. Mère d’un fils de 14 ans, lui-même atteint du Sydrome d’Asperger et du spectre de l’autisme, elle compte sur une pension alimentaire de son ex-conjoint, montant qui lui est déduit de son allocation d’aide sociale.

Un cas exceptionnel

Maryse Tremblay dit avoir longtemps hésité avant d’étaler sa situation au grand jour, mais s’y est contrainte puisqu’il s’agit d’un cas exceptionnel, confirme l’avocat et ex-ministre de la justice, Marc Bellemare.

«La loi sur l’assurance automobile est entrée en vigueur le 1er mars 1978. Avant cette date, les seuls recours étaient une poursuite en responsabilité au civil, mais les délais sont maintenant expirés. C’est de même pour la loi sur l’indemnisation des victimes d’acte criminel (IVAC) qui est entrée en vigueur en 1972», explique-t-il.

«Il n’existe plus beaucoup de cas comme celui de Mme Tremblay, c’est un cas plutôt exceptionnel pour lequel il n’existe malheureusement aucun recours, sauf de le faire connaître au grand public», concède Me Bellemare.

Mme Tremblay a également tenté d’obtenir une rente d’invalidité, sans succès puisqu’elle n’a jamais contribué au Régime des rentes.

En dévoilant sa situation, elle souhaite sensibiliser le public aux victimes ayant vécu le même problème et aux conséquences de la conduite avec les facultés affaiblies. Entre-temps, une campagne de sociofinancement a été lancée sur le site www.gofundme.com/tremblay, par lequel il est possible de venir en aide à elle et à son fils.