Entre Albin et Zaza, le cœur d’Alex Perron balance. Mais qu’il endosse les traits de l’amoureux ou la perruque de la drag-queen sur le déclin, il éprouve un réel bonheur d’interpréter ces personnages dans La cage aux folles dont la tournée reprend son envol le 18 septembre à la salle Albert-Dumouchel.
Après avoir fait un malheur à Montréal et Québec, la pièce de théâtre prend la route du Québec. Et à écouter Alex Perron, il est «solidement d’attaque».
«Tout le monde a hâte de rembarquer dans le bateau, a-t-il confié. On est 12 sur scène et on a déjà fait presque 60 représentations en un an et demi. C’est trippant, c’est un beau terrain de jeu.»
La pièce originale, écrite en 1971, raconte l’histoire d’un couple homosexuel ébranlé par l’annonce du mariage de leur fils avec la fille d’un politicien conservateur. Ce qui était avant-gardiste à l’époque mais qui, plus de 50 ans plus tard, demeure un sujet d’actualité universel.
«Ça reste une histoire familiale, mentionne le comédien. Celle de deux hommes qui veulent ce qu’il y a de mieux pour leur enfant. Et une grosse comédie avec des drags.»
Les costumes sont exubérants et les perruques grandioses si bien que les personnages sont excentriques.
«Je porte un genre de gaine en mousse, des perruques et des robes; c’est chaud, souligne-t-il. Quand le show part, ça ne s’arrête pas. Ça roule jusqu’à la fin. C’est un bon marathon et il faut être en forme.»
Des rôles pour lui
Joël Legendre assure la mise en scène du spectacle. C’est aussi lui qui a songé à offrir le rôle d’Albin/Zaza à Alex Perron.
«Un soir de juin, il m’avait appelé pour m’offrir le rôle et me parler de ce qu’il souhaitait monter comme spectacle, a laissé savoir celui qui avait fait du théâtre avant de se diriger en humour avec Les Mecs comiques. J’ai pris 24h, non pas pour y penser, mais pour revoir mon automne. Je voulais avoir le temps de me lancer dans ce projet. C’est aussi une pièce mythique, les gens m’en ont parlé dès que la production a été annoncée.»
Au cinéma, Michel Serrault et Robin Williams ont notamment endossé les rôles d’Albin/Zaza. Deux interprétations marquantes. Mais M. Perron a voulu prendre sa propre direction. «J’ai essayé de le faire à ma façon, mentionne-t-il. En homme, la voix est plus basse, tandis qu’en drag, la voix monte. À date ça va bien. C’est un solide cadeau du ciel. Je n’en croyais pas mes oreilles quand Joël m’a appelé. Je me suis dit que c’était une occasion qui ne se représenterait peut-être pas. Un spectacle qui me comble de bonheur.»
Bienvenue au cabaret
Il y a le spectacle sur la scène, mais aussi dans la salle. Entrer dans la salle, c’est entrer dans La cage aux folles. Dès lors, le public est convié dans un cabaret de drag avec en vedette Michel Dorion, Rainbow, Tracy Trash et Nana.
«C’est vraiment un gros party, assure Alex Perron. Deux heures sans arrêt. Avec un entracte au cours duquel tout le monde danse au son de Dancing queen de ABBA. Joël Legendre l’a travaillé différemment et a bonifié la présence des drags.»
Une complicité qui parle
L’autre rôle principal, celui de Georges, est campé par Marcel Leboeuf. Alex Perron assure avoir trouvé un réel complice en qui il est très admiratif.
«Au moment où on a fait la photo, qu’on a enfilé nos costumes, on a su qu’on aurait du plaisir, a indiqué le diplômé de l’École nationale de l’humour. Il est facile à travailler. Hyper professionnel. Quand le spectacle part, il est toujours sur la scène. De toutes les scènes. Et il pète le feu.»

Dès la prise de photo, Alex Perron a su que la chimie opèrerait avec Marcel Leboeuf. (Photo Jean-Charles Labarre : gracieuseté)

