Depuis qu’elle est toute jeune, Annie Dubé a ce petit côté entrepreneurial qui l’a attiré vers les affaires et elle croyait posséder cette vocation qui la menait vers la direction d’une maison funéraire.
Des années plus tard, elle est à la tête de la Maison Funéraire Signature – Cimetière urbain qui veut célébrer de manière lumineuse, des moments qui deviendront de précieux souvenirs.
«J’ai fait des études en théologie, en philosophie et en bioéthique. J’ai écrit des mémoires sur l’avortement entre autres. Mais finalement j’ai travaillé dans une première maison funéraire bouddhiste, dans le quartier chinois à Montréal, près du village gai. C’était à l’époque où le sida faisait beaucoup de victimes, mais ces gens étaient entourés d’artistes, d’une clientèle ouverte. J’ai vu des rituels extraordinaires, artistiques, avec des cérémonies significative set c’est demeuré en moi», explique celle qui est originaire de Trois-Pistoles, un petit village du Bas-Saint-Laurent.
«C’est une petite communauté, alors quand il y avait des décès dans la famille, mes parents nous laissaient manquer l’école. Nous mettions de belles robes colorées moi et ma sœur et nous allions au salon. Pour moi c’était beau, une célébration. J’associais la mort à un beau protocole, à de la joie», précise Annie Dubé.
Vivre un deuil autrement
Bien sûr qu’au moment de la mort d’un proche, il y a un deuil à faire, qu’il y aura de la peine, mais Annie Dubé croit qu’il y a lieu de célébrer autrement, de trouver une manière de vivre une cérémonie significative.
Au moment de quitter Montréal, rassurée par ses compétences, elle cherche des maisons funéraires sans relève. «J’ai vu quelque chose à Rigaud qui cherchait un associé. Ça a commencé comme ça. Puis en 2005, il y a eu une grosse grève chez Urgel Bourgie. Ils se sont mis à vendre des places d’affaires et se départir d’immeubles dont ceux de L’Île-Perrot et de Dorion. Ils m’ont donné ma chance et ça m’a mis au monde», prétend la copropriétaire de l’endroit, qui avait déjà vécu une renaissance plus jeune.
«Je suis née avec un problème rénal important et après ma chirurgie j’étais très intense, pleine de vie. J’aime la vie, j’aime le monde et c’est comme ça que je peux le montrer», affirme celle pour qui le respect des clients est la plus grande priorité.
Un crématorium pour un service complet
Auparavant, Annie Dubé possédait d’autres lieux funéraires, dont à Saint-Lazare et à Rigaud, mais n’était pas dotée d’un crématorium. «Ça faisait en sorte que je ne pouvais avoir soin de mes clients du début à la fin. Je devais les confier à quelqu’un d’autre à un certain point et je ne voulais plus ça. Maintenant, ils sont avec moi tout au long du processus», lance Annie Dubé qui a acquis l’immense domaine du 2361, Rang Saint-Antoine à Vaudreuil-Dorion afin qu’il devienne un cimetière urbain possédant un crématorium, mais aussi un colombarium extérieur qui permet aux proches de visiter leurs défunts en tout temps. «Ce serait éclairé la nuit. Les gens pourront venir se recueillir au moment où ils en ont besoin.»
À l’intérieur, elle désire créer de nouvelles manières de faire, des soirées poésie, des ateliers d’écriture. «Je veux ouvrir ce lieu à la communauté. À la Fête des mères par exemple, pour se recueillir ensemble. Des évènements avec des artistes. Il y a de multiples possibilités, une salle multifonctionnelle pour prendre un verre, faire une messe, échanger, une famille à la fois. Les gens sont ici, s’approprient l’endroit et ils ont accès à toute la place pour vivre leur deuil autrement», conclut celle qui veut aménager une formidable terrasse extérieure l’an prochain pour offrir encore plus à ceux qu’elle respecte au plus haut point. Elle tiendra une soirée d’inauguration de ce lieu apaisant et lumineux, pensé pour accueillir les familles dans la dignité et la sérénité, le jeudi 11 juin de 16 h à 19 h.

