Mike Bélair est un passionné de course automobile. Il en mange matin, midi et soir. L’hiver, alors que les pistes sont enneigées, il s’installe dans son sous-sol. À l’intérieur de son «cockpit» virtuel, il file à vive allure sur les pistes. Les sensations fortes, il les vit à 300 km/h sur les circuits numériques.

«Ceux qui pensent que le eSport c’est de jouer au Playstation, se trompent, assure Mike Bélair. Nous, c’est de la simulation.

La seule chose qu’on ne retrouve pas de la vraie course, ce sont les forces G. Pour le reste, ce sont les mêmes sensations. Les pilotes s’entraînent là-dessus. »
Depuis trois ans, il est aux commandes de la IRacingChallenge. Chaque dimanche, entre 40 et 60 pilotes s’affrontent. Du groupe des pilotes chevronnés comme Olivier Bédard (Coupe Nissan Micra), David Sirois (Rotax) et Alex Labbé (Nascar Pinty’s Series).

De son sous-sol, le passionné peut rouler sur toutes les pistes réputées du monde à bord de puissantes machines de course..

Un groupe de cinq ou six de la région roulent dans la ligue. Sinon, ils proviennent d’un peu partout au Québec, mais aussi d’ailleurs au Canada, des États-Unis et de l’Europe. Les ligues compétitives attirent des pilotes tout aussi compétitifs.
«Cette année, on course avec des bolides Indycar, explique-t-il. Ce sont des monoplaces avec un aileron, elles sont rapides. Nos courses sont d’une durée de 30 minutes et on ne se lâche pas d’une semelle. Je reprends ma douche à la fin d’une course tellement je suis épuisé. »

Webdiffusée et commanditée
Les avantages de course en simulation sont bien évidents les coûts abordables (pas de bris mécanique, pas de voyagement) ainsi qu’aucune blessure découlant d’un accident.
La IRacingChallenge serait la plus importante ligue du genre au Canada selon Bélair. Elle propose un championnat de 30 courses sur des pistes réputées. Les circuits connus des amateurs, tels, Monza, Indianapolis, Watkins Glen et Gilles-Villeneuve de Montréal ont tous été numérisés au laser. La compétition se déroule donc sur les vraies pistes. En début de saison, on dresse un calendrier et décide du type de voiture. Tous ont le même modèle si bien que les compétiteurs sont à armes égales.
Chaque semaine, Olivier Turcotte commente la course qui est webdiffusée sur YouTube.
Des commanditaires s’intéressent aussi à la ligue. Le pilote Bertrand Godin, Karting Saint-Zotique, Kart-o-Mania et SRA offrent des prix à la fin de la saison. «Des circuits et écoles de pilotages commanditent a ligue, indique Mike Bélair. C’est dire à quel point ils considèrent les simulateurs de course. »
Justement, la simulation et la réalité se complètent. Mike Bélair dit être un meilleur pilote l’été dans la Ligue Super Challenge en raison de sa ligue virtuelle hivernale. L’expérience en piste lui permet aussi de réaliser de bonnes performances en simulation. Champion de la première saison et vice-champion l’année suivante, il dit avoir de la difficulté à percer le top 5 cette saison en raison de l’amélioration du peloton.

Parmi les plus rapides au 24 h de Daytona
Le week-end dernier, Mike Bélair était inscrit au 24 h de Daytona. Un événement mondial prisé des mordus de courses virtuelles. Rock Lemieux, Olivier Turcotte, Jonathan Auger, Marc-André Larouche, Éric Gaudrea Drapeau et lui se sont relayés derrière le volant dans une course d’endurance. Ils ont terminé en deuxième position après avoir complété 817 tours. «Dans notre course, nous avons fini avec un tour d’avance sur la troisième place ce qui est minime. Il y avait 17 courses virtuelles et chacune d’elles contenaient 60 voitures, explique Bélair. Dans 14 de ses 17 courses, on faisait le top 3. C’est phénoménal. »
Le talent, l’expérience et la chance entre en piste pour expliquer le résultat.