L’hôpital du Suroît affiche en date du 16 août 2016, le taux d’occupation à l’urgence le plus haut au Québec avec 264 %.
Habituellement, lorsque l’on parle de premier au classement, c’est bon signe. Cependant, lorsqu’il est question de taux d’occupation dans un hôpital, cela n’augure rien de bon. On pourrait même parler de situation catastrophique sans se tromper, et cela a des effets considérables sur les employés. Ceux-ci se voient dans l’obligation de faire des heures supplémentaires.
«Suis-je surprise du taux d’occupation ?, se questionne Francine Savoie, présidente du syndicat des professionnels en soins du Suroît. Depuis 2014 que le taux d’occupation augmente sans cesse. Présentement, il y a des patients sur civière qui sont en attentes d’une hospitalisation. Cependant, il y en a parmi eux qui n’ont pas de médecin de famille donc, avant de monter, il doit y avoir un médecin qui soit capable de les prendre en charge.»
Qui dit plus de patients dit forcément plus de travail à effectuer. C’est pourquoi certains travailleurs se voient dans l’obligation d’effectuer des heures supplémentaires. «Des membres sont obligés de rester après leur quart de travail pour faire du temps supplémentaire, confirme Francine Savoie. Il peut même arriver qu’à l’urgence, des travailleurs de la santé provenant d’une agence de placement soient en service. Une situation comme celle que nous vivons est triste pour les patients et difficile pour nous.»
Devant la situation actuelle, le corridor central de l’Hôpital du Suroît a été transformé en infirmerie de fortune. Des rideaux ont été installés et une affiche a été érigé à proximité, informant la population d’éviter de passer à cet endroit.
Invitée à réagir, Sara-Ève Tremblay, agente de communication pour le Centre intégré de santé et de services sociaux de la Montérégie-Ouest (CISSMO), explique que depuis le samedi 13 août, l’urgence de l’Hôpital du Suroît vit une situation inhabituelle.
«Nous avons 60 patients sur civière sur une capacité de 22, dit Mme Tremblay. C’est exceptionnel comme situation, surtout qu’il n’y a pas d’épidémie de quoi que ce soit. Toutefois, la situation devrait être résorbée prochainement.»
Lorsqu’elle parle ainsi, l’agente de communication fait allusion au fait que certains patients pourraient recevoir leur congé ou être transférés. «Lorsqu’une personne hospitalisée obtient son congé, cela libère une place. Donc, une personne à l’urgence qui est en attente d’un lit est alors montée à l’étage. Même chose pour une personne qui est transférée en CHSLD, un lit est alors libéré.»
