La Chambre de commerce et d’industrie de Vaudreuil-Soulanges (CCIVS) et la Fédération des chambres de commerce du Québec (FCCQ) déplorent la fin des négociations commerciales entre le Canada et les États-Unis sans qu’une entente n’ait été conclue.
Selon le directeur général de la Chambre de commerce, Frédérick Perrier, les nouveaux tarifs de 50 % sur une variété de produits exportés par les entreprises du Québec, le maintien des tarifs déjà existants et la menace de nouveaux contre-tarifs canadiens auront de graves conséquences, notamment pour les entreprises de Vaudreuil-Soulanges.
Selon un nouveau sondage réalisé par la FCCQ, relayé par la CCIVS, 68 % des entreprises étaient favorables à une entente, même si elle devait s’accompagner de concessions du côté canadien. Plus d’une entreprise répondante sur deux est visée par au moins un tarif américain, qu’il s’agisse des tarifs existants (article 232), des nouveaux tarifs (article 338) ou de plusieurs mesures à la fois.
Un besoin d’aide financière
«C’est le pire scénario pour les entreprises québécoises qui se concrétise aujourd’hui. L’arrêt des négociations, l’imposition de nouveaux tarifs et la menace de nouveaux contre-tarifs canadiens. Les résultats de notre sondage sont sans équivoque, la grande majorité des entreprises souhaitent une entente rapide parce que les tarifs américains existants fragilisent déjà leur compétitivité. Face aux nouveaux tarifs, les réponses des entreprises visées sont aussi claires, elles ont besoin d’une aide financière non remboursable, pas d’un endettement supplémentaire, et ne veulent pas de contre-tarifs. Nous demandons au gouvernement fédéral de bien consulter l’industrie avant d’imposer des mesures de représailles qui pénaliserait nos propres entreprises», déclare Véronique Proulx, présidente-directrice générale de la FCCQ.
«Dans Vaudreuil-Soulanges, plusieurs entreprises nous indiquent déjà devoir revoir certains investissements, retarder des projets ou réévaluer leurs perspectives de croissance. Au-delà des chiffres, c’est la capacité de nos entreprises à demeurer concurrentielles et à maintenir des emplois de qualité qui est en jeu. Il est essentiel que les gouvernements travaillent rapidement à rétablir un climat de prévisibilité pour les entreprises», lance Frédérick Perrier, directeur général de la CCIVS.
Principaux constats
Ainsi, selon les responsables, une entreprise sur deux est déjà touchée. On mentionne que 51,5 % des répondants sont visés par au moins un tarif américain.
On ajoute que les impacts financiers s’accentuent rapidement avec des pertes moyennes déclarées qui passeraient de 2,07 M$ à 6,09 M$ d’ici six mois.
Par ailleurs, l’emploi est de plus en plus menacé, car le nombre moyen de postes abolis chez les entreprises touchées passerait de 10 à 38 d’ici six mois.
Les grandes entreprises subissent les pertes les plus importantes. La perte moyenne de marché anticipée aux États-Unis atteint 109,3 M$.
Enfin, on nécessite un appui majoritaire à une entente avec les États-Unis. On indique que 68,3 % des répondants favorisent un accord Canada–États-Unis, même au prix de concessions importantes dans d’autres secteurs.
Des recommandations
Le sondage met également en lumière l’importance d’un accompagnement gouvernemental rapide et adapté à la réalité des entreprises exportatrices. Pour plusieurs d’entre elles, l’enjeu dépasse la hausse des coûts. Il s’agit de maintenir leur capacité de production, de conserver leurs équipes et de préserver leur accès au marché américain, tout en accélérant la diversification vers de nouveaux débouchés.
La CCIVS et la FCCQ recommandent donc de bonifier de façon importante le soutien financier non remboursable destiné aux liquidités et au fonds de roulement, de mettre en place un congé ou un allègement temporaire de l’impôt sur le revenu pour les entreprises touchées, ainsi que de renforcer l’aide financière et l’accompagnement visant la diversification des marchés d’exportation.
Le rapport complet présentant les résultats détaillés du sondage est disponible ici.

